vendredi 6 octobre 2017

Bordel

Ce matin, j'entendais à la radio un type issu de la classe dirigeante déclarer doctement à un artisan boulanger que s'il vendait sa baguette de tradition à 38 centimes comme le supermarché en face de son magasin (au lieu de 1,10 euro), il vendrait plus de pain et donc gagnerait plus d'argent. Qu'il valait mieux selon lui, vendre des milliers de baguettes à 38 centimes que quelques centaines à 1,10 euro. L'artisan lui objectait à raison que la baguette de tradition lui revenant à 50 centimes tout compris, il ne voyait pas comment ce serait possible (sachant que les 2 premiers postes sur un baguette sont la main d'oeuvre et l'énergie pour la cuire). Mais le connard de service de la radio lui recommandait d'y réfléchir quand même. Cette petite ritournelle néo-libérale ne vous rappelle rien ? Demander à un artisan de se transformer en industriel, il faut oser ... La radio, c'est comme les gares, on y croise des gens qui ne sont rien et des gens qui réussissent. Et l'artisan lui, il a réussi et l'autre connard, il a juste réussi à me faire chier avec ses conneries. Après il a été faire ses courses dans un magasin bio de commerce équitable pour que ses enfants restent en bonne santé et le plus éloignés possible des produits de merde des industriels de l'agroalimentaire. Ils sont nombreux tous ces métiers qui sont dans le collimateur de ceux dont le boulot justement, c'est de dire aux autres, à tous les autres, que leur travail coûte trop cher. Le rêve de tous ces types-là, c'est de confisquer à tous les gens qui arrivent à vivre honnêtement de leur beau métier, toute marge de manoeuvre et toute marge tout court. 
Récemment, j'ai fait quelques manifs (faut pas perdre la main, ben ouais t'es con ou quoi ?): UBER, Deliveroo et compagnie sont dans la rue (poursuivis par les guignols de NewZulu du photoclub des retraités des PTT). Ben oui, vous vous êtes bien fait baiser les gars. Il est bien temps de venir vous plaindre et monter des syndicats après avoir claironné que la vieille économie, c'était de la merde. Heureusement, vous êtes tous micro-entrepreneur maintenant. Ça fait plus classe, mais ça veut juste dire que vous êtes des cacas de mouche corvéables à merci à 5 euros de l'heure. Envolés veaux, vaches, cochons, couvées et bienvenue place de la République avec la sono gracieusement prêtée par la CGT. Bon ces photos, je les vends jamais, parce que le social, ça n'intéresse personne, mais je m'en fous. Je travaille pour la postérité moi monsieur. Nous les photographes, on se fait niquer aussi, mais différemment. Nos interlocuteurs dans les rédactions commencent par nous imposer des prix ridicules pour une prise de vues. Et puis la seconde couche (qui vient après quand c'est sec), c'est que on te dit que les photos sont tous droits cédés et donc utilisables n'importe où, n'importe comment sans rien payer. Ensuite ils t'annoncent que tu seras payé à parution en octobre pour un boulot que tu as fait en juillet. Enfin cela, c'est si la comptable est pas en vacances. Ben ouais Kes ta ?! Je me demande si je vais crever les pneus de leur bagnole et verser du sucre dans leur réservoir.

Frozen Piglet

Ça va vous sinon ?


C'est marrant, j'avais écrit cela en 2014:
L'innovation et l'adaptation sont un peu devenues l'antienne (la ritournelle !) des cons. Il faut voir les choses en face si nous rencontrons des difficultés dans n'importe quel métier, selon eux, c'est que nous ne savons pas nous adapter et si en plus nous ne sommes pas capables d'innover pour redresser la barre, alors le mieux est de disparaitre en courbant l'échine et en baissant les yeux. C'est clair, les cons sont très exigeants, surtout avec les autres. 
Ce qui est embêtants pour eux, c'est que les gens qui savent s'adapter et encore plus ceux qui savent innover sont une infime minorité et les cons en font très rarement partie (quoi qu'en matière de connerie, il soit toujours possible d'innover). L'immense majorité des individus cons ou pas est donc constituée de suiveurs qui ne font que reproduire ce qu'ils ont vu, entendu, lu (pour ceux qui savent lire). Mais en ce qui concerne la photographie, absolument rien n'a changé. Une photo de merde reste une photo de merde même avec un filtre Instagram. Une photo d'amateur même très belle reste une photo d'amateur par destination. Une photo d'auteur reste une photo d'auteur à condition qu'elle soit le reflet d'un univers original. Une photo de professionnel reste une photo de professionnel à condition qu'elle soit nette, bien cadrée et pertinente dans sa conception (une fois qu'on sait faire ça et c'est déjà pas facile, on peut faire tout ce qu'on veut et déroger à toutes les règles). 

En fait, on voit bien que le problème réside ailleurs. Et c'est bien la culture du travail qui est en cause et rien d'autre. La valeur du travail en général et pas du tout le travail des photographes en particulier. Mais ça les cons ne peuvent pas le percevoir aveuglés qu'ils sont par leur connerie. En fait, c'est le low-cost qui nous tuera tous et chez les cons, ce sera un massacre. 

vendredi 28 juillet 2017

Objectif Tunes (*)

(*) Oui je sais mon titre est volé au Canard Enchaîné, mais depuis le temps que je l'achète, ils vont me pardonner ! Au pays des milliardaires des médias, le temps passe et les dettes s'accumulent. Je vous recommande cet article dans le numéro de cette semaine, où l'on apprend que le groupe Le Monde cumulait l'année dernière 29 millions d'euros d'impayés au total auprès de tous ses fournisseurs (une petite paille).
Dommage qu'aucun d'entre eux n'ai le courage de l'assigner pour impayés répétés. C'est vrai ça aurait de la gueule non ? Surtout si c'était un journaliste indépendant.
En première ligne, comme d'habitude, les (pauvres) photographe free lance avec huit à douze mois de retard sur les règlements (18 mois seulement pour les photographes étrangers. Ben oui mais ils sont loin aussi). Les agences photos ? Elles sont à genoux (l'AFP comprise) devant des diffuseurs qui refusent d'honorer leur signature et elles licencient grâce à leurs impayés (je parle des agences photos bien sûr, parce que l'AFP vit de notre pognon à nous) leur derniers salariés. Bien entendu, tous ces titres bénéficient des largesses de la république pour les aides à la presse, les aides aux frais de postage et du fric des banques par l'opération du Saint-Esprit. Le mieux est de relire ce que j'écrivais déjà l'année dernière à ce "sujet". On peut ainsi se rendre compte que tout change, mais rien ne change au pays des milliardaires des médias. Le mieux est donc d'éviter de travailler pour ces titres qui vous paieront aujourd'hui peu-être ou alors demain ... ou jamais. Et tant qu'à faire, si vous pouvez éviter d'acheter leurs journaux, c'est encore mieux.

Frozen Piglet

jeudi 27 juillet 2017

Attention, les escrocs sont partout

Les médecins sont des escrocs et des pervers. Ils sont de simples jouets dans les mains des lobbys pharmaceutiques et ils veulent nous vacciner contre notre volonté, pour nous donner la sclérose en plaques et rendre tous les enfants autistes (sauf les leurs qui deviendront médecins à leur tour et qui poursuivront l'entreprise de destruction initiée par leurs géniteurs). En plus, ils veulent tous nous faire passer des coloscopies pour voir ce qui se passe à l'intérieur. Allez plutôt vous faire ausculter par des praticiens naturopathes diplômés et soignez vous à l'homéopathie et aux huiles essentielles, quand vous aurez le cancer. Au bout d'une semaine, il n'y paraitra plus et vous mourrez en bonne santé.  

Les restaurateurs sont des escrocs et des salauds. Ils vendent tous de la bouffe industrielle dégueulasse qui vient de chez METRO et sont incapables de faire cuire un oeuf (sauf ceux en tube). Leur salade du jour est lavée à l'eau de javelle et leurs légumes sont pleins de pesticides. Leurs escargots de Bourgogne viennent de Bulgarie et leurs champignons de Paris viennent de Pologne. Ils font travailler des sri lankais au noir dans leur cuisine où on ne trouve que des batteries de micro-ondes et des surgelés re-congelés stockés à côté des poubelles. En devanture, ils affichent pourtant que leurs produits viennent tous de chez des petits producteurs qui les cueillent au fond de leur jardin, mais c'est des conneries. Leurs tomates en plastique viennent de Chine et leur "burger gourmet" est monté en kit par Davigel.

Les hôteliers sont tous des voleurs. Dans leurs chambres, les hôteliers ne mettent que des mauvais lits achetés chez FLY (pleins de taches de pipi) et l'eau de la salle de bain n'est jamais chaude (sauf pendant la canicule où elle est brulante). Le classement par étoiles est une escroquerie orchestré par le FBI à la même échelle que les avions du mossad dans les tours jumelles et le buffet du petit déjeuner relève de l'attentat terroriste 9 fois sur 10 (la dixième fois, on s'est levé trop tard, on ne peut pas juger). D'ailleurs les hôteliers ont été démasqués grâce à Air BnB et à tous les gens qui ne vont jamais à l'hôtel. La preuve, ma voisine a déjà fourgué 149 fois sa chambre aménagée à des américains transpirants électeurs de Trump et à des italiennes pustuleuses qui sonnent toujours chez-moi en confondant le 1er étage avec le deuxième (elles ne savent pas compter jusqu'à 2).

Les plombiers sont des escrocs ET des voleurs. Ils te font toujours croire qu'ils faut tout changer  et que ça va te couter 10 000 euros (seulement 9 800 si tu les payes en liquide). Si tu appelles monvoisinbricole.com ça te coutera seulement 30 euros pour le même boulot et ton assurance paiera sûrement les 300 000 euros de dégâts pour l'inondation.

Les garagistes sont des voleurs ET des escrocs. Eux aussi, ils te font toujours croire qu'il faut tout changer. Mais en plus ils n'ont jamais la pièce et ça prend 3 semaines pour la commander même par Internet parce que ta bagnole est trop vieille. Ils en profitent donc pour essayer de t'en fourguer une neuve qui est programmée pour tomber en panne 24 heures après la fin de la garantie, grâce à un logiciel embarqué. 

Les chauffeurs de taxis sont des escrocs avec des ongles noirs et ils qui puent le Diesel. Ils prennent le chemin le plus long pour aller d'un point à un autre en zigzag  et n'ont même pas de bouteille d'eau et de bonbons. Pour aller de Opéra à Palais Royal, ils passent par la porte d'Italie et ils votent tous pour l'extrême droite. Quand ils n'écoutent pas Radio Courtoisie en polluant à fond, ils écoutent Rires et Chansons  et les Grosses Têtes. Sous prétexte qu'ils payent une licence 250 000 euros à crédit sur 7 ans, ils veulent empêcher les autres d'entreprendre et continuer à nous empoisonner avec leurs particules fines.

Les photographes dit "professionnels" sont des fils de pute et des escrocs. Ils tentent de vendre des fichiers numériques inutiles réalisés à leur place par une machine, en appuyant sur un simple bouton. Ces mecs sans foi ni lois prétendent qu'ils travaillent (on rit) en produisant des images alors qu'ils passent leur temps à s'amuser et à baratiner les filles en picolant au bar. N'importe qui peut faire la même chose qu'eux avec le même équipement et 5 ou 6 minutes d'entrainement et un peu de pratique (genre 15 secondes, le temps de trouver le bouton on/off et d'enlever la bouchon sur l'objectif). De toute façon, si on rate, on peut recommencer. Et si la lumière est mauvaise, on met un flash ou y a Photoshop.  Alors on va pas nous la faire.  Bande d'enculés. 

Les journalistes sont des escrocs et la lie de l'humanité, des connards patentés et arrogants, des pervers narcissiques. Ils passent leur temps à débiter des conneries dans les me(r)dias et c'est tous des vendus. En plus ils mentent comme des arracheurs de dents et ne maitrisent aucun des sujets qu'ils abordent dans leurs articles (parce que ils n'y connaissent rien et que c'est des cons). Ils sont condescendants avec tout le monde et méritent la corde qu'ils devront payer avec le montant éhonté de leur niche fiscale qui les classe dans la catégorie des ultra-privilégiés de gauche, au même titre que Bernard Tapie. À chaque fois qu'il y en a un qui se fait buter, on débouche le Champagne.

Les hommes politiques sont des escrocs rétribués. Ils prétendent tous que la politique n'est pas un métier.  Alors pourquoi se font t-ils payer au lieu de travailler gratos ? 

Sur ces considérations, je vous souhaite à tous une bonne journée, sauf aux catégories socioprofessionnelles sus-nommées.

Frozen Piglet

mercredi 26 juillet 2017

Sur la plage abandonnée

Voici revenu le temps des beaux jours. Quand j'ai deux ou trois heures à perdre, je sors dehors pour faire pisser le ch ... Euh pour faire quelques photos dans Paris avec l'espoir presque insensé d'en vendre une, un jour prochain (si possible un peu plus que 3.25 U$D), vu que c'est un peu mon activité principale. Seulement dés que je fous les pieds quelque part de façon impromptue, il y a toujours un type qui me saute dessus pour me demander si j'ai une autorisation. C'est marrant quand-même. Pourtant, on est pas en Corée du Nord, mais il y a toujours des mecs quelque part pour décréter que même sur l'espace public et alors que tu es journaliste, tu ne peux pas travailler librement. Alors bien sûr, je ne vais pas invoquer le droit à l'information parce que tous ces gars-là je les emmerde à fond, surtout quand ils sont agressifs et mal embouchés. Dans le cas contraire, on peut toujours discuter, mais pas trop longtemps quand-même. Parce que leur opinion sur la manière dont je travaille, j'en ai rien à foutre. 
La dernière fois que cela m'est arrivé, c'est à Paris plage 2017 (bassin de la Villette), où j'avais eu l'audace de sortir mon appareil photo sur le quai de Loire.
Avant même que j'ai fait la moindre photo, je me suis retrouvé coincé par 2 agents de sécurité habillés en noir qui m'ont immobilisé physiquement. Je passe sur le fait qu'ils ont voulu contrôler mon identité en exigeant que je leur montre ma carte de presse (ce que j'ai refusé de faire). Au total, cette histoire a finalement déplacé 4 vigiles, 2 régisseurs et 3 policiers, soit 9 personnes (excusez du peu). Parmi les vigiles se trouvaient un spécialiste qui prétendait reconnaitre au premier coup d'oeil un appareil photo professionnel (Comme d'habitude. Celui-là, on devrait lui décerner un pin's).
Surtout, pendant ce temps, des dizaines de personnes prenaient des photos tout autour de nous sans que cela suscite la moindre réaction de la part de tous ces gens. "Oui mais ils ne sont pas journalistes !" m'ont t-ils dit. Oui oui. Pour ces mecs, les journalistes sont une cible et les empêcher de travailler est une de leurs missions prioritaires. 
Le comble a été atteint à l'arrivée des policiers qui m'ont expliqué doctement que ces agents étaient sous délégation de service public et que dans ce cadre, ils pouvaient me demander ma carte de presse et donc mon identité (ce qui est parfaitement faux), pour ensuite m'expulser (Mais d'où ? Nous sommes dans l'espace public). Invoquant tour à tour le "Plan Vigipirate" (journalisme rime avec terrorisme) et tout un tas de prétextes vaseux, tel que celui selon lequel, les agents de sécurité verraient leur responsabilité engagée, si je m'avisais de prendre des photos des baigneurs (nous sommes en plein air !). Ce qui est véritablement n'importe quoi. Ce genre de désagrément est typique des manifestations organisées par la Mairie de Paris. Au prétexte d'assurer la sécurité, nous sommes en permanence la cible de manoeuvres d'intimidation, par des employés sans titre qui outrepassent leur mission quitte à se mettre dans l'illégalité la plus totale. Evidemment on peut faire les inaugurations en suivant Anne Hidalgo. Là, il n'y a aucun problème pour faire des photos à sa plus grande gloire, seulement moi, ça ne m'intéresse pas.
Bien entendu, j'ai fait mes photos quand même et dés le lendemain, elles étaient en ligne (15 jours après, j'ai vendu la première). Le jour même où la piscine a fermé pour cause de présence de bactéries entérocoques (du caca) dans l'eau. Qu'est-ce qu'on rigole quand-même. Tous les jours, je mesure la chance que j'ai de faire ce métier et de bénéficier de l'aide des autorités en toutes circonstances. 


Frozen Piglet

Je suis sur les listings de la Mairie de Paris, je reçois des invitations pour tous les vernissages des expositions. Je ne sais même pas pourquoi, j'y vais jamais.
  



jeudi 29 juin 2017

On va peut-être y aller, par rapport à la lumière ...

Celle-là, on peut dire que je l'attendais vaguement et comment dire ... Je ne suis pas vraiment déçu. En même temps, je m'en fous tellement.
À mon sens, cette photo reflète le personnage qui semble vouloir déroger à toutes les règles de façon contradictoire. Mais pour autant, sa rosette sur canapé nous saute à la figure, même si elle a agrafée au revers d'un costard qui ne vaut que 500 euros aux dires de son service de communication. Passons rapidement sur la photographe (Soazig de La Moissonnière), qui a suivi toute sa campagne et qui est devenue en quelques semaines celle qui peut passer entre les gardes du corps sans se faire défoncer direct. On l'entend dire dans un tweet film: "On va peut-être y aller, par rapport à la lumière" à Emmanuel Macron.
Le portrait réalisé en lumière continue est classiquement un 2 tiers/un tiers avec le regard vers lequel tout semble converger.  Les 2 smart-phones laissés sur le coin du bureau et les 3 bouquins posés négligemment qui ne servent à rien ne me surprennent même pas. Par contre ses deux mains agrippées au bureau révèlent bien d'autres choses que la décontraction soulignée par le léger sourire qu'il affiche. Ce type me met étrangement mal à l'aise, sans que je sache vraiment pourquoi. On verra. Oui c'est ça, on verra. Mais selon moi, c'est tout vu. 

                                                                                                                                        FP  

jeudi 8 juin 2017

Affiche tu t'en fiches

En période électectorale, les rotatives tournent 24/24 pour sortir des affiches où les candidats ressemblent à des chipolatas tellement ils sont rouges. Il faut dire qu'ils n'ont pour la plupart pas les moyens de se payer les services d'un professionnel (Ils sont tellement inutiles vous savez). Résultat, il font des tofs eux-mêmes avec leur téléphone au fond du couloir devant la porte des chiottes, là où il y a une belle lumière toute verte à cause des néons qui clignotent au plafond. Certains s'imaginent que en passant en noir et blanc (qui est très stylé, surtout en quadri), ils vont transformer leur photo de merde en truc bien. Mais nan, c'est toujours de la merde. Et de toutes façon, ils ne seront pas élus.  Alors who cares ?
Pourtant dans ELLE Australie, on t'explique que la dernière une du magazine a été shootée avec un Iphone 7S et eux ils y arrivent bien ! Alors c'est quoi ce bordel ? Ah oui mais là c'est différent. C'est un professionnel qui a réalisé cette jolie photo de Margaret Zhang une fille qui passe sa vie à changer de tenue et à poster sa tronche sur Instagram. Alors si j'ai bien suivi cette histoire. tout est arrivé par hasard sans l'ombre d'un calcul et c'est même pas Apple qui a payé pour se faire de la pub et fourguer son smart-phone à 1000 dollars à des armadas de fashionnistas en délire.  Si ça se trouve, le photographe qui a fait cette photo, il avait juste oublié son appareil ce jour-là et il s'est dit je vais la faire avec mon IPhone 7S et les connasses de photo editors de ELLE et ben elles verront pas la différence ! « Il y a une chose qui m’a frappé, c’était à quel point il était libérateur de shooter et de ne pas me préoccuper des lentilles, des trépieds, du rattachement à un ordinateur », a déclaré le photographe.
Ouais ! Et ta soeur ?
Rappelez-vous, que le coup de l'IPhone, on nous l'avais déjà fait en 2012 avec le 4S (j'en avais parlé ici), avec la couv de TIME magazine sur l'ouragan Sandy déjà réalisé par hasard par un professionnel qui avait peur de mouiller son D4. Après ça, ils ont même envoyé des types faire du reportage de guerre en Irak avec leur téléphone. Au bout de 6 mois, ils ont arrêté ces conneries parce que les mecs avaient explosé leurs forfaits et leur smart-phone était tout rayé à cause du désert.  Mais ça m'étonnerait qu'on ne retrouve pas l'IPhone 8 dans la station spatiale de Thomas Pesquet ou un truc comme-ça. Ben ouais ! Si il l'oublie dans sa poche au moment décoller !

Frozen Piglet


mercredi 10 mai 2017

Tout est mini dans notre vie

Avant de partir pour mieux revenir dans quelques semaines toute auréolé des atours d'une nouvelle fausse majorité lavée à l'eau tiède, le microcosme politique, tous bords confondus, a commis une dernière saloperie vis à vis de notre corporation qui en a déjà connu tellement. Après des années d'atermoiements et de négociations à sens unique, les représentants des diffuseurs de presse ont obtenu  la déchéance de notre métier. Ceux qui nous ont constamment spolié de nos droits sur notre travail, ceux qui nous ont volé notre statut, ceux qui nous ont exclu des dispositions propres à la convention collective des journalistes en nous payant en Agessa, ceux qui nous ont obligé à signer des contrats actant le reniement de nos droits, ceux-là ont obtenu du pouvoir politique, la signature d'un décret instituant une rémunération dite "minimum" de 60 euros bruts pour une prise de vue professionnelle, se déroulant sur 5 heures de temps (sans tenir compte du temps passé en post-prod). En validant ce processus dégueulasse, le pouvoir politique complice signe la mort de notre profession et ajoute à l'humiliation, le mépris. Notre métier sera sûrement remplacé un jour par une autre activité qui consistera à produire des images en étant connecté à une plate-forme digitale Uber-like pour 1 200 euros bruts par mois avant prélèvements, sans lien de subordination et dans la précarité la plus totale (genre New Zulu). En attendant, les représentants de éditeurs de presse vont pouvoir faire péter le champagne, en se gobergeant avec leurs copains actionnaires milliardaires. Ils ont enfin réussi à extirper cette écharde qu'ils avaient dans le pied depuis tant d'années et peuvent s'attaquer maintenant aux autres métiers de la presse avec entrain. Désormais, les images réalisées par les professionnels de la photographie ne valent plus rien et c'est même gravé dans le marbre par la République Française. Cette année, c'est sûr je ne ferai pas de post pour me foutre de la gueule de Télérama et de son article sur la mort du photo-journalisme, une semaine avant VISA pour l'image. En attendant, un tiers des entrées sur ce blog arrive par Google et la question: " Combien gagne un photographe ? ".
Bonne chance à la nouvelle France d'Emmanuel Macron. Elle va en avoir besoin.

Frozen Piglet

Si l'on met à part les photographes mensualisés (ils sont 460 au total) dans les agences de presse, la presse quotidienne régionale (pour la plupart) et les publications d'infos générales (quotidiens, hebdos, mensuels), selon les chiffres 2016 de la Commission de la Carte d'identité des Journalistes Professionnels, il reste aujourd'hui pour toute la France, 244 reporters-photographes pigistes, titulaires de la carte de presse. Ils étaient 300 en 2014 et 518 en 2007. Ce sont eux et seulement eux qui sont visés par ce décret qui les jette encore un peu plus dans la précarité.
Ni fleurs, ni couronnes. Merci

vendredi 28 avril 2017

La complainte du progrès

Après une longue absence, je reviens  doucement sur mon gentil petit blog. À vrai dire, il m'a beaucoup manqué. Je dois être le dernier à le lire (vous savez bien que je suis schizophrène, c'est pratique), surtout les trucs que j'écrivais il y a 3 ou 5 ans. Des fois, ça me fait marrer. Mais aujourd'hui, c'est parce que je dois travailler 2 fois plus pour gagner 2 fois moins que je ne trouve plus le temps de poster. Dommage, parce que j'aime bien décrire les absurdités de ce métier et me foutre de la gueule du monde en général. En fait, je crois que ce début de siècle restera marqué pour toujours et partout par le "sacre des amateurs". Ça tombe bien, je suis autodidacte (d'ailleurs ce mot je l'ai appris tout seul). Moi ma petite révolution culturelle personnelle, je l'ai déjà opérée il y a longtemps. Pas sur les conseils des têtes de noeud qui prétendent commenter le changement de paradigme d'un monde auquel ils ne comprennent rien, ou selon les théories de l'évolution du travail des sociologues du dimanche, mais juste par réalisme pragmatique et économique aussi. Hein ? Bah ouais t'es con ou quoi ? 


Mon plus beau coup de l'année 2017 qui vient à peine de commencer restera sans aucun doute une prise de vues sans photos, mais avec un selfie à 6000 euros pour immortaliser mon licenciement d'une collaboration régulière vieille de 7 ans avec un groupe de presse défunt. Non je déconne.  Mais le vrai saut dans l'inconnu pour moi, cela a été le passage à la rédaction d'articles il y a plusieurs années déjà. Un changement dont je me suis parfaitement accommodé (même si au début j'en ai chié comme un russe au Congo) à tel point qu'elle représente aujourd'hui les 2/3 de mon activité tellement j'chuis doué.
Tout ceci s'est déroulé en même temps que le feu de paille du web et des réseaux sociaux. Un feu violent qui m'a tout de même procuré de belles satisfactions en me permettant de vendre des photos aux USA et en Corée du Sud, au Japon et en chine, en Italie et en Allemagne, en Espagne et en Russie. Depuis, la source s'est tarie grâce aux petits minables qui donnent leurs mauvaises photos pour de mauvaises raisons à des gens qui les acceptent à une seule condition, celle de ne rien payer. Alors bien sûr j'ai encore quelques collaborations de photographe avec des titres de presse, mais elles sont forcément sous tension compte tenu de mes rapports assez merdiques avec des petits chefaillons qui prétendent (ré)utiliser mes photos ou même les filer à leurs copains sans rien payer. Le corporate, j'ai arrêté il y a 2 ans après avoir travaillé pour les grandes agences de communication et aussi une foultitude de petites qui ont fini au tribunal de commerce pour la plupart. Rien de bien intéressant à attendre dorénavant.
Du côté des agences, ce n'est guère mieux. J'ai signé il y a un peu plus d'un an dans 2 agences. Une anglaise worldwide très grosse orientée news et illustration et une agence française qui fout à la poubelle les 2 tiers de ce que je lui envoie. 12 mois après, j'ai 3000 photos en ligne, quand il m'en faudrait 30 000 pour dégager un revenu significatif. Grosse différence avec "avant", c'est aujourd'hui le photographe qui supporte l'indexation (mots clés, légendes) au nom du transfert de la charge de travail sans contrepartie. Mais surtout, il supporte seul l'intégralité de la responsabilité en cas de recours (droit à l'image ou autre problème lié à la propriété) avec des contrats abscons qui changent tout le temps et qui sont rédigés en anglais. Incroyable quand on voit les prix pratiqués et la part photographe qui varie entre 50 et 30% en fonction des circuits et de la présence d'intermédiaires inutiles. Les tarifs pratiqués sont souvent de 25 à 35 US Dollars avec une moyenne tirée vers le bas par des offres promotionnelles et des bundles (des procédés de merde empruntés aux connards des banques d'images à 1 euro et aux chinois). Alors bien sûr il y a des ventes à 100 US Dollars, mais elles sont rares et celles à 1000 US Dollars encore plus rares. Après cela, il y a des jeunes professionnels qui pensent que tout va bien parce qu'ils ont vendu 3 reportages à Télérama et qu'il ont 5 pages dans le magazine de la fédération du BTP. Les pauvres, s'ils savaient ce qui les attend ... Je vous le dis, en dehors d'un immense talent, la première qualité du photo-journaliste, c'est de durer et pour une toute petite partie d'entre-eux d'éviter si possible de se faire tuer. Voilà un petit tour d'horizon du métier aujourd'hui et croyez-moi, c'est pas facile, surtout quand on a connu des temps meilleurs.
Vous remarquerez que je ne vous parle pas des élections. Parce que j'en ai rien à foutre de savoir pour qui vous votez d'une part. Et parce que vous-même n'en avez rien à foutre de savoir pour qui je vote d'autre part. Comme je vous comprend. Rappelez-vous que dans ce monde ou seul le profit compte, seuls les plus imaginatifs survivront. Pas nécessairement les plus talentueux.

Frozen Piglet

Juste un petit conseil: avant de voter pour un candidat, demandez-vous toujours si vous lui achèteriez une voiture d'occasion

Gif animé par le Tampographe Sardon (j'adore son travail), pardon pour l'emprunt !

























mardi 21 février 2017

Fromage 0%




Des fois, le samedi je fais des photos de mode pour un magazine danois et le lundi suivant, je suis en reportage dans une usine de yaourts. C'est beau non ? C'est pour ça que j'aime mon métier. Tout les jours il m'apprend l'humilité et la schizophrénie. Ouais oh ça va hein ! Que celui qui n'a pas fait de photos dans une usine de produits laitiers me jette la première pierre et en plus, je suis rentré avec une glacière remplie de petits-suisses. Quoi ? Tu es allergique aux produits laitiers ? Moi j'aime les vaches et elles aussi on veut les remplacer. Non mais moi ce qui me fait peur  en fait, c'est les gens qui te disent que eux aussi ils font des photos et qui ne voient pas en quoi mon opinion sur le sujet serait plus légitime que la leur, vu qu'il ont un petit Canon acheté en promo chez Carrefour. Ces gars-là, ils me font penser à Donald Trump. Ils sont tous de la même école internationale de connards diplômés. Je les emmerde.

FP 

vendredi 6 janvier 2017

Sex and drugs and Rock&Roll








Les temps sont durs. Le drapeau noir flotte sur la marmite. On en chie tous comme des russes au Congo. Tiens ! Pourquoi ne pas poser pour des photographes de banques d'images pour des illustrations stéréotypées passe-partout ? Après tout qu'est-ce que je risque ? Bah rien du tout ma chérie ! Si ce n'est le fait de te retrouver en pyjama, sur le site d'un des plus grands quotidiens anglais illustrant une histoire bien crade de fantasme de partouze avec des vieillards obèses, qui devient virale. Oh la chance ! Bon évidemment, tu pourras toujours te retourner contre le photographe, cet enculé qui vient de gagner 2 US dollars au Casino ou même contre la banque d'image de droit américain domiciliée au Luxembourg, ou encore contre The Gardian, mais ça va pas être facile de Slovénie où tu poses pour 20 euros la journée de 12h00, pour mettre du beurre dans le bortsch (on voit que tu es au régime basses calories ! Faut manger ma cocotte !) et payer tes études d'ingénieur en mécanique des fluides. Bon ça va ! Fais pas ta mijaurée hein ? Après tout, c'est bien ça que tu voulais ! Qu'on connaisse ta trombine dans le monde entier. Eh ben voilà, c'est fait ! Si tu veux, tu peux même filer ton adresse ou ton mail dans un comment sur le post du Guardian ! Ben ouais ! Sinon ils vont t'écrire où tes admirateurs vieux et obèses pour t'envoyer leurs propositions de rendez-vous ? T'es con ou quoi ?

Frozen Piglet

Merci au lecteur qui m'a filé le plan
Si je pouvais être payé pour écrire toutes ces conneries, à vrai dire, ça m'arrangerait.





Une autre pour la route

mardi 27 décembre 2016

Bougez avec La Poste

Il y a quelques temps déjà, j'ai créé une adresse mail réservé à ce blog: frozen.piglet@laposte.net
Il est destiné aux gens qui souhaitent m'adresser un message directement. J'ai bien fait. J'ai déjà eu  un mail d'un type qui veut que je poste un texte sur mon blog, sur les paris en ligne pour un casino (Il me propose de me payer par Paypal), il y a aussi un prestataire qui veut me vendre une formation sur les risques terroristes, un autre me propose des stickers "Frozen Piglet" magnétiques pour mettre sur les portières de ma bagnole, un boite indienne m'offre de retoucher mes photos à des prix très compétitif (elle me demande d'envoyer une photo pour faire un test), un autre se fait passer pour la poste pour m'extorquer mes identifiants, un autre encore m'indique comment me connecter au réseau WIFI de l'aéroport de Montréal où j'étais il y 6 mois (j'ai jamais réussi à me connecter) et un dernier me menace d'un procès si je n'efface pas un post vieux de 4 ans. Y a pas à dire, ça valait le coup.

Frozen Piglet

samedi 24 décembre 2016

Les photographes sont très gentils vous savez

Les photographes sont très gentils vous savez. Malgré toutes les avanies qu’on leur a fait subir ses dernières années sous les quolibets d’une armada de connards patentés, je les trouve extrêmement conciliants, limite résignés. Certains diraient apathiques, tant on a été loin dans l’humiliation et dans la négation des compétences de toute une profession sans réaction de sa part. Même si l'individualisme est largement responsable de cette situation, à leur décharge, il faut dire qu’on s’est consciencieusement foutu de leur gueule, année après année, ministre après ministre, rapport après rapport, commission après commission, Visa pour l’image après Visa pour l’image. Finalement on leur a proposé avec un grand sourire de devenir smicard en travaillant 2 fois plus que les autres. Ça tombe bien. Le ticket d’entrée pour obtenir sa carte de presse aujourd’hui est d’un demi smic, alors ça laisse de la marge. Ceci pour les derniers photographes (quelques centaines) qui peuvent y prétendre. Quant aux stars du photo journalisme, ils cachetonnent souvent à 200 ou 300 euros la prise de vues pour payer le loyer et juste tenter de survivre. La solution qu’on leur propose ? C’est d’autoproduire leurs sujets, c’est à dire de les financer intégralement avant de tenter de les vendre pour des clopinettes.
Dans tout ce fatras qu’est devenu le photo journalisme et la photo professionnelle, il y pire pourtant que les putains d’agences de flux où les tarifs des photos se négocient au forfait en centimes d’euros. Il y a aussi les publications de presse gavées d’argent public qui payent les photographes et leurs agences à 100, 200, 300, 600 jours ou même jamais, en contravention avec toutes les règles et en foutant la honte aux derniers iconos qui leur passent commande. Ces titres de presse, tout le monde les connaît. Ils appartiennent à de très grosses fortunes françaises, dont on se demande encore comment elles auraient pu bâtir leur réussite, sans l’appui de certaines banques particulièrement bien disposées à leur égard et de tous les "fournisseurs" qu'ils payent quand ils ne peuvent plus faire autrement. Je vais te dire. Tous ces mecs-là te pissent sur la jambe et après, ils te racontent qu’il pleut. Et pourtant, c’est tout juste si on ne les présente pas comme des bienfaiteurs de l’humanité, alors qu’ils trônent au sommet d’une pyramide de cadavres, d’esclaves, de résignés et de chômeurs.
Mais comment un tel système a pu s’installer aussi insidieusement avec le temps dans la photo de presse  (mais aussi dans plein de secteurs) comme une maladie contagieuse ? Pour les autres je ne sais pas, mais pour nous c'est très simple. L’argent n’a jamais été un moteur de la photographie professionnelle. Tout juste un petit mal nécessaire pour photographier encore et encore et pouvoir continuer à pratiquer son activité en professionnel, même en crevant la dalle. Jamais les problèmes de rémunération n’ont été un frein à la prise de risques, aux initiatives, à la mise en danger, au travail de photographe. Même si c’est à l’arrivée qu’on compte les morts. En fait, on ne pratique pas ce métier par hasard. On est marié avec lui pour le meilleur et pour le pire.  

Mais à force, de tarifs indignes, de photos « mention DR », de photos soit disant « libres de droits », de vols et de pillages systématiques sur le net, on est arrivé à un point de non retour. Il est temps de dire stop, de cesser de dénoncer du bout des lèvres, les turpitudes du système en continuant à y participer bien malgré nous. Pour la première fois, les syndicats de journalistes commencent à bouger alors que leurs adhérents nous ont toujours détesté. Les collectifs et les agences de photographes menacent de couper le robinet aux services photos des titres de presse qui jouent ce jeu dégueulasse. Pour la première fois, il y a un semblant de réaction collective. Moi je vous le dis, ne ratez pas le train les mecs, car cette fois, il ne repassera pas. Avec ou sans billet, montez dedans ou bien restez sur le quai et abandonnez tout espoir. Joyeux Noël à tous et à toutes !

Frozen Piglet

Si ce sujet vous intéresse, vous pouvez lire ICI la lettre ouverte aux groupes de presse co-signée pour tout le monde




Ci-dessous, un post que j'avais déjà fait sur le sujet en novembre 2015. Depuis, Christophe Barbier a quitté la direction de l'Express, mais lui il a été payé et plutôt 2 fois qu'une !




Sur la recommandation d'un des visiteurs de mon blog, j'ai visionné ce film hallucinant où Christophe Barbier, le directeur de la rédaction de l'Express (et éditorialiste sur un certain nombre de chaines de télévision), expose sur France Inter, sa vision du "nouveau capitalisme" (désolé pour la pub, ça aussi c'est le capitalisme).
Alors c'est extrêmement simple: Si l'Express ne paye pas et ce de façon systématique: les agences photos, les pigistes, les illustrateurs,(Tout ceci sans compter son loyer et ses imprimeurs), c'est normal, c'est parce que: je cite Christophe Barbier "Aujourd'hui il y'a des bras de fer entre tous les fournisseurs et les payeurs. C'est un grand classique de ce nouveau capitalisme. Chaque chose se négocie à la baïonnette, parce que c'est comme-ça (...). C'est le capitalisme qui répond à l'après crise de 2007-2008 et il y'a des espoirs formidables. Nos contenus vont être valorisés, même si ce n'est plus la même courtoisie qu'avant". 



Résumons-nous. Donc vous commandez un travail à quelqu'un et vous ne le payez pas, volontairement ... Ce type exprime parfaitement bien le fantasme le plus fou des employeurs d'aujourd'hui, de demain et de toujours. Transformer tous les salariés en fournisseurs pour les tenir au creux de leur main, comme des objets. Accessoirement, tenir ses engagements et payer les gens qui travaillent pour lui, c'est juste de la courtoisie. Il faut donc dire merci quand ça arrive j'imagine ? Oui oui ! Vous entendez bien les mecs ! Vous ne rêvez pas ! Je me demande s'il dit merci au moins, cette raclure à l'écharpe rouge, quand il reçoit son gros chèque à la fin du mois ?
En fait, je vais vous dire, ça tombe très bien au moment où l'on annonce la Loi Macron 2. Un projet qui institutionnalise le travail précaire avec "le professionnel de proximité" un statut customisé ultralight d'auto-entrepreneur. Moi je dis dommage. Dommage que les gens se résignent au mépris et à l'humiliation sans réagir. Dommage que à de rares exceptions, les intellectuels nous aient abandonné. Dommage que le fils de Christophe Barbier soit photographe (Ah putain ! Le con !). 


Frozen Piglet


L'Express et les magazines du groupe Roularta (L’Expansion, Mieux-Vivre votre argent, Point de vue, Studio Cinélive, L’Etudiant et Lire) ont été rachetés, faut t-il le rappeler, par Patrick Drahi déjà détenteur du quotidien "Libération", du groupe NextRadio (BFM TV et RMC Infos), de SFR-Numéricable. Le rachat du groupe Express s'est traduit par le "départ volontaire" de 115 salariés et le plan de sauvegarde de l'emploi qui arrive, annonce le licenciement de 125 personnes (à Libération, il a supprimé 1/3 des effectifs). Le nouveau venu dans le monde des médias est propriétaire de la chaine d'information israélienne i 24News et il a racheté des opérateurs du téléphone et du câble un peu partout dans le monde. Son groupe est aujourd'hui endetté à hauteur de 48,2 milliards d'euros. Une toute petit paille pour un type qui nous refait le coup des tuyaux et des contenus. C'est Jean-Marie Messier qui doit rigoler.

jeudi 1 décembre 2016

Partir, c'est crever un pneu


Chaque année, les médias nous gonflent avec le calendrier Pirelli (qui faut il le rappeler est une marque de pneu) et les photos de Peter Lindbergh authentiquement pas retouchées (alors que les photo journalistes sont constamment accusés eux, de passer leur vie à fausser la réalité, à tricher pour les plus vils motifs, comme gagner plein de fric et accessoirement avoir le World Press Photo pour gagner encore plus de pognon). Déjà, pour commencer il faudrait peut-être nous indiquer le nom et l'adresse des chirurgiens esthétiques qui ont été amenés à intervenir sur les 14 actrices stars qui figurent sur l'édition 2017 et vérifier s'ils payent bien leurs impôts. Ensuite, je voudrais connaitre la raison pour laquelle, je ne reçois pas ce truc qui est envoyé parait-il aux clients importants ou à des célébrités, alors que j'ai des pneus Pirelli sur ma bagnole. Pour finir, j'aimerais savoir quand Pirelli compte me commander le calendrier de l'année 2018, pour que je puisse m'organiser et inscrire la prise de vues sur mon agenda que je viens d'acheter tout neuf. Mais si c'est Michelin, Dunlop ou Good Year qui m'appellent, je prends aussi ! Ce qui me fait rigoler dans cette histoire, c'est que dire que des photos ne sont pas retouchées est une ineptie dans la mesure où, quand il s'agit d'argentique, le négatif et le tirage qui en est le produit sont déjà des interprétations du réel et les techniques de masquages sont omniprésentes sur les tirages haut de gamme. Quant au numérique, les appareils professionnels ne délivrent pas des fichiers prêts à l'emploi. Ces images nécessitent obligatoirement un post-traitement qui est plus ou moins prononcé selon le but recherché par le photographe.

Frozen Piglet

dimanche 27 novembre 2016

Sic transit gloria mundi

David Hamilton s'est suicidé ce week-end. Je me souviens que je le croisais parfois rue Delambre chez Picto, ainsi que Robert Doisneau d'ailleurs. Mais je ne leur ai jamais parlé. Ces deux-là étaient vraiment les opposés. L'un dandy déraciné photographe de nymphettes éthérées, installé à Paris. L'autre photographe romantique du prolétariat en noir et blanc, vivant à Montrouge. À vrai dire, concernant le premier, j'avais surtout le souvenir des produits dérivés illustrés par ses photos, vendus en supermarché comme des classeurs ou des cahiers de texte. Il y avait eu une fois aussi un portfolio de natures mortes dans le magazine PHOTO, ou il était question de montrer qu'il était capable de faire autre chose que ce pour quoi on le connaissait. Et puis en 2007 je crois, j'ai vu par hasard une exposition rétrospective au Musée d'art moderne de Lyon de David Hamilton. Ce jour-là, j'ai réalisé combien s'il avait produit ces images aujourd'hui, il se serait retrouvé au pénal direct assigné de toutes parts, sans passer par la case notoriété, sauf à la rubrique judiciaire. Un paradoxe, alors que pendant des années, il y a été multi publié absolument (presque) partout dans le monde sans l'ombre d'un problème tant le produit était rentable pour tout le monde. Mais ce n'est pas le seul de paradoxe puisque la photo illustrant le livre de l'animatrice de télévision et de radio qui a révélé les turpitudes du photographe (sans citer son nom) est de ... David Hamilton. L'éditeur de cet ouvrage a donc acheté les droits de cette photo (ou pas) pour l'occasion. Le photographe a lui terminé sa vie, la tête dans un sac plastique, dans un flou artistique qui l'avait rendu célèbre.

Frozen Piglet


lundi 14 novembre 2016

Moins cher de chez moins cher

Des salons professionnels, j'en ai fait des tonnes et c'est pas facile. J'ai connu l'époque où des mecs shootaient les stands à la Lihnof en trimballant leur matos sur des chariots à roulettes et moi-même, j'ai fait de la retape chez les exposants avec mes tofs de Chirac en train de serrer les louches et croyez-moi, ça valait le coup de se casser le cul parce que tout le monde voulait sa photo avec lui et que c'était payé à la livraison. C'est à peu près à ce moment-là que j'ai cessé d'aller définitivement au "Salon de la photo" qui pratique le mélange des genres depuis toujours. Je laisse bien volontiers la place à tous les blaireaux de compétition qui arpentent les allées en rêvant, bardés de leur petit matériel et équipés comme des clowns en vacances. L'avantage, c'est que pendant qu'ils sont là-bas, ils ne viennent pas nous faire chier dans les magasins qui vendent le matériel qui nous intéresse.  
En 2009, j'avais écrit cela:

"Le photographe semi-pro. Celui qui semi-vit d'un semi-travail avec du semi-matériel. C'est ça non ?
"Avec le Sony Alpha 900, le Nikon D700 et désormais le Canon EOS 5D MKII, l'offre full frame semi-pro est au complet" qu'ils disent sur Internet. Quand je vais chez Objectif Bastille, je le reconnais facilement le "Semi-Pro". Il squatte le comptoir et le vendeur pendant des heures, vu qu'il en veut pour son argent. Il vient d'acheter un 5 D MKII avec un 50 et il veut un exposé complet de la bête et de ses possibilités des fois qu'il ferait les photos tout seul ... Ben oui on ne sait jamais. Pendant ce temps-là il y a 5 personnes qui trépignent d'impatience en attendant que ce type paye et se casse. Mais lui nan, il soupèse, il ergote, il évalue, il questionne ... Dans un 1/4 d'heure, il aura tout oublié, mais ça n'est pas grave, l'important c'est de vivre l'événement à fond. Tu te rends pas compte: Il achète un appareil le mec. Ça, ça compte dans la vie d'un semi-pro. Là il va rejoindre l'armada des "chasseurs d'images", mais dans le haut de la fourchette ... La dernière fois qu'il a ressenti cette excitation, c'est quand il a signé pour sa nouvelle bagnole (avec 10% de remise). Sans compter qu'après le chapitre photo, il y a le chapitre VIDEO, des fois que ça serait le nouvel Orson Welles ... Avec son grand écran HD dans son salon. Le pire c'est que les magasins comme Objectif Bastille en ont besoin de ces types là. Ils pèsent lourd dans le chiffre d'affaires à la fin de l'année. Le 5 D MKII d'ailleurs y en a plus, rupture de stock. Au début du numérique, le semi-pro trempait un doigt de pieds en achetant un "compact expert" à la FNAC. Maintenant il veut du Full Frame avec la vidéo embarquée le semi-pro. On lui a dit que c'était bien ... Pour un peu, il se ferait bien faire un Tee-Shirt avec marqué Photographe Semi-Pro dessus ... Pendant ce temps-là il y a un F5 nickel à 500€ dans la vitrine des occazes": 
"C'est quoi ça ? C'est Full Frame ?"
"Ah ah ! Oui Full Frame Argentique !"
"Ah ? Ça existe ??..."

Il suffit de réactualiser un peu le texte en fonction des nouveaux modèles pour se rendre compte que rien n'a changé depuis ce temps où les microstocks se remplissaient les poches en faisant croire à des pauvres cons sans talent, qu'ils allaient gagner plein de fric, avec leurs petites photos de couchers de soleil et de tomates en grappe. Mais je comprends que les marques s'intéressent en priorité au marché très tendance des néo-photographes qui n'assument rien, excepté de ne remplir aucune obligation légale et de pratiquer sans complexe la concurrence déloyale propre à la nouvelle économie. Celle qui détruit plus d'emplois qu'elle n'en crée, sous les hourras des crétins et des pouvoirs publics.

"Il y a eu une photo avant les pros, elle continuera d'exister après. Pas forcément moins bonne ..." pérorait encore à cette époque André Gunthert, le pape de la photo connectée élu par les médias. Quel visionnaire ! Sa prophétie finira sûrement par se révéler exacte (pour les 2/3), tant les vrais photographes aujourd'hui sans boulot crèvent la dalle. Mais c'est n'en doutons pas, parce que les amateurs sont souvent bien meilleurs que les professionnels et ce dans tous les domaines d'ailleurs (C'est leur supplément d'âme qui les rend intouchables). Fort heureusement, certains opérateurs à la tête de plate-formes digitales, sont là pour organiser le bordel et gagner du pogn ... Euh ! Mettre un peu d'ordre dans tout cela. Permettant ainsi aux clients potentiels de ne pas tomber dans le piège éhonté tendu par le professionnel incompétent par essence et hors de prix en plus. Grâce à leur intervention désintéressée, des passionnés de photographie particulièrement talentueux (refusant de devenir professionnels par abnégation) vont se mettre à leur service pour presque rien.

Ben ouais, il faut s'y faire. Avant les jeunes rêvaient de faire la révolution, aujourd'hui ils rêvent de "#changerlemonde" en piétinant le tissu économique pour se gaver de pognon. Le plus grave dans tout cela, c'est qu'ils trouvent des appuis et des financements assez facilement pour participer à leur petite entreprise personnelle de destruction. Mais revenons-en au Salon de la Photo. Plusieurs d'entre-vous ont attiré mon attention sur la présence d'un stand assurant la promotion de la plateforme "EasyPhotographers" dont le slogan est: "Trouvez des photographes amateurs talentueux près de chez-vous et moins chers". Plateforme dont la splendide page Instagram (6 publications 29 followers) est "ici" et la page Facebook "ici". Peut-être que la géo-localisation des amateurs parait à ces gars-là une folle avancée. Moi je prédis la disparition aux oubliettes de leur brillante idée avant la fin de l'année prochaine. Mais l'essentiel est comme toujours ailleurs. Le fait qu'un salon accueillant les professionnels se donne le droit de faire la promotion d'un tel procédé est à la fois une provocation inouïe et le symptôme d'une société malade qui a complètement perdu ses repères. Qu'importe puisque une fois de plus, les photographes professionnels assistent à cette entreprise de destruction sans aucune réaction ou alors, c'est qu'ils sont déjà tous morts.

Frozen Piglet







  


mardi 25 octobre 2016

Métier de con, vie de merde

Le métier de photo-journaliste est extrêmement mal parti (c'est pas le seul, ok. Mais il se trouve que c'est le mien. Kesta ta ??). J'espère que ce n'est pas une découverte pour vous, car je m'en voudrais d'étouffer des vocations naissantes. Et puis ça fait des années maintenant que je me tue à te le répéter comme dans Télérama, 2 semaines avant VISA. T'es bouché à l'émeri  ou quoi ?!
Ce qui est curieux, c'est que jamais la demande d'images n'a jamais été aussi forte. Je parle évidemment de la demande de photos de qualité professionnelle et pas du "tout venant" qui n'a strictement aucun intérêt. En ce sens, le numérique n'a absolument rien changé, sauf peut-être chez les têtes de noeuds qui ont la naïveté de croire que grâce à un logiciel de retouche piraté ou un filtre à la con, ils conservent toutes leurs chances de transformer leur merde en chef-d'oeuvre du 21 siècle. Manque de pot, pour la pierre philosophale, faudra repasser plus tard pauvre idiot bête.

De toute façon, en matière de photo professionnelle, Il convient d'être lucide. Pratiquer un métier en indépendant, free lance ou tout ce que tu voudras, c'est un défi quotidien que très peu de gens sont capables de relever et de mon point de vue, le plus urgent en tant que photographe est surtout et d'abord d'arriver à gagner sa vie un tant soit peu, sinon c'est qu'on fait fausse route ou qu'on est con comme ses pieds. C'est pour ça que quand j'entends des mecs plus ou moins reconvertis compter sur leurs indemnités assedic et des turfs au black pour le devenir photographe. Je rigole (juste un peu, mais pas trop. En fait j'ai envie de les défoncer). Bientôt, ils ne seront plus là pour en parler. Mais quand je lis en plus, des professionnels de la profession déclarer que la solution serait d'auto-produire ses sujets, là je ne rigole plus. Payer pour faire des photos que personne n'achètera jamais, il faut oser. Cela relève d'une logique suicidaire (au propre comme au figuré) pour des mecs qui ne feront que passer dans l'immense majorité des cas.

D'ailleurs, le matériel à usage professionnel coûte extrêmement cher et le problème est toujours le-même. Comment payer ses frais, amortir et renouveler son équipement sans le décompter de ses revenus ? (à condition qu'ils existent bien sûr ! Ben ouais t'es con ou quoi ?!). Ça c'est un artifice comptable que seuls, les pseudos photographes débutants ou ceux aveuglés par la certitude d'avoir été choisi par ce métier partagent. Les pauvres. Je sais, c'est con mais les frais et les amortissements se décomptent de tes revenus espèce de débile et avant de gagner le moindre centime d'euro, il te faudra d'abord les payer. Tu me suis là ou pas ?

Mais même si l'hémorragie est sanglante et que pas mal de photographes (certains talentueux) quittent ce métier par dépit et par manque de revenus pour faire autre chose, mais quoi ? Il existe encore des moyens de gagner sa vie dans la photo. Comme dans tous les métiers de création, il faut se diversifier nous dit-on ... Là je vous arrête tout de suite. Les photo journalistes ont toujours pratiqué le mélange des genre pour une raison simple. C'est que mis à part quelques privilégiés (photographes intégrés salariés, pigistes permanents, pistonnés, dilettantes professionnels, touristes), ils n'ont jamais eu le choix. 


Par contre, le temps où les prises de vues "alimentaires" genre corporate, communication ou catalogues de sex toys te permettaient de payer tes factures et travailler relativement à l'abri des coups durs est lui aussi terminé. À vrai dire, il n'existe malheureusement pas un seul domaine où les photographes professionnels sévissent qui ne soit aujourd'hui épargné par la récession et par la connerie. Sauf peut-être ce qu'on appelle les institutionnels (bien que là aussi, la connerie ...), des organismes et des machins. Quand on met le pied dans ce genre de  trucs, on peut y être encore 20 ans après si on ne fait pas d'impair, mais c'est pas toujours facile et ça peut même devenir assez chiant.

Ensuite, il y'a nos chères entreprises, mais dés qu'on est en contact avec elles, on se retrouve vite en but à cette schizophrénie ambiante quand il s'agit d'aborder le volet financier de l'opération. Quoi ? Il faudrait payer pour nous faire des photos ? incroyable ! Et d'abord, c'est combien de l'heure ? En plus pourquoi donc faire appel à un professionnel puisqu'un simple "chargé de com" en stage peut gratuitement nous commettre un attentat contre la photo avec un 7D de chez Canon ? (Hein ?! Si c'est ça qu'ils ont dans les dircoms maintenant). Bon personnellement, je ne réponds plus à ce genre de demande sauf exception. D'abord parce que je n'ai pas de temps à perdre et ensuite, parce que j'en ai rien à foutre. Surtout que la description du taf qu'on t'as indiqué pour établir le prix (déjà très bas), ne correspond jamais à la réalité. ben ouais ! Si on t'as dit que t'allais shooter 9 personnes une par une au même endroit, t'en aura 17 dans 8 endroits différents et en plus t'attendras 2 heures de plus parce que ils seront en retard. Le tout pour pas un euro de rab. Moi je dis: "vas chier connard".

Tout ça c'est bien joli, mais le coeur de cible des photo journalistes, c'est normalement les journaux, les magazines et les agences de presse photo ! Tu vas me dire. Oui et ben ça, j'en parlerai la prochaine fois, parce que je n'ai pas que ça à foutre non plus.

Frozen Piglet

En fait je fais un drôle de métier que je me disais en me levant hier à 4h00 du mat pour aller prendre un avion à Roissy. Pas à 4h00 l'avion, à 7h00. Oui mais avec la douche, le trajet, le parking, les contrôles (où nous on est obligé de tout sortir ... Oui enfin je me comprends), Eh ben moi, je me lève à 4h00. Retour à la maison, 22h00. Après tout, cela ne fait guère qu'une journée de 18 heures. On frise l'esclavagisme. En fait t'es déjà crevé avant même d'attaquer le boulot en question. Tout ça parce que ton canard veux pas payer une nuit d'hôtel à 80 euros. Quand je pense que j'ai été publié dans le New York Times. Tu veux toujours être photographe ?

vendredi 9 septembre 2016

Formation Professionnelle

32 milliards d'euros, c'est l'argent consacré à la formation  professionnelle en France (soit 1,6% du PIB), avec les résultats que l'on connait. Le pognon ruisselle tellement que ça attire tout une bande d'escrocs qui se remplissent le poches à longueur  d'années en dispensant des formations bidons. 



Bon on se demande à quoi ça sert, à part faire baisser les stats du chômage, vu qu'on peut devenir professionnel en une journée en suivant une formation sur internet et en plus vendre ses photos. Tout ça en 8 heures. Bon alors pour apprendre la photo, c'est 5 minutes. Ben oui avec le numérique ! T'es con ou quoi ?
Et les 7h55 qui restent, c'est pour la vente des photos. Parce que ça c'est le plus chiant à vrai dire ... Ces gars-là d'UDEMY, ils sont vraiment trop forts. Ils peuvent t'apprendre tout sur n'importe quel sujet. Ben si ! C'est marqué ! Bon évidement, ils ne maitrisent pas l'orthographe, mais c'est pas grave. Ça sert à rien quand on veut être photographe professionnel. On a même pas besoin de savoir lire.

FP

jeudi 8 septembre 2016

Je suis mort, qui qui dit mieux ?


5 ans après, les éternels représentants du téléshopping politique audiovisuel sont de retour partout dans les médias, les mêmes télévangélistes de la République viennent de nouveau nous asséner leur putain de bonne parole, comme si de rien n’était. Ces bonimenteurs de foire de sous-préfecture finiront donc par nous conduire sans doute à un affrontement contre les minus d’extrême droite, mais surement pas dans les urnes. Quels connards. Pendant ce temps, la réaction est au travail jour et nuit, dans ce qu’elle a de plus bas et de plus vil. Au motif que les lois d’un pseudo marché mondial et de la sacro sainte compétitivité qui décideraient une fois pour toute de notre destin collectif, la seule chose que tous ces trouducs ont à proposer, c’est la fin du lien de subordination, donc du salariat et donc la fin du salaire minimum. L’avènement d’un contrat à durée limitée et renouvelable à l’infini (ou pas), l’auto-entreprenariat pour tous, c’est pour demain. Réjouissez-vous ! Désormais, vous serez tous dans la colonne fournisseurs les mecs (enfin ça, c'est si vous avez du taf). Et tant pis pour vous si vous n’en mesurez pas les conséquences. Ah j’oubliais ! C’est que vous allez tous être chefs d’entreprises ! Sans compter que l’économie collaborative vous tend les bras. Cette grosse pute vérolée, dont le libéralisme incarne avec talent le maquereau syphilitique. Au mois de juillet, j’ai assisté à une conférence de presse où un représentant du patronat allemand déclarait que les réfugiés venus d’Irak et de Syrie (mais aussi d’autres pays en plaine guerre civile) constituaient une véritable opportunité pour les entrepreneurs, comme un main d’œuvre peu qualifiée et peu exigeante en termes de conditions de travail et de salaires. Pas un des 25 journalistes présents dans la salle n’a levé la main. Quand je vois le manifeste publié récemment par le SCAM, la SAIF, le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et l’UPP : « 5 ans, 3 ministres de la culture, 0 mesure ». Je rigole. Je suis même étonné qu’il se trouve encore des photographes pour perdre leur temps dans ces commissions paritaires sans intérêt, comme si les absents avaient toujours tort. La profession de photographe professionnel est démolie comme tant d’autres par la connerie, mais voilà c’est la mienne et je l’aime. Donc, je vais continuer. Bonne rentrée à tous.


Frozen Piglet




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