mardi 12 juillet 2016

Presse qui roule

























Si la presse et l'information rapportaient du fric, depuis le temps, cela se saurait. Exception faite de quelques rares titres, les journaux et magazines ressemblent à s'y méprendre à des danseuses du Moulin Rouge à la cuisse légère, entretenues par des vieillards libidineux pétés de tunes. Et ce depuis la nuit des temps. Curieux comme ces hommes influents ont pour toutes ces entreprises en faillite virtuelle (qui deviendrait effective sans l'aide de l'argent public) les yeux de Chimène. Mais aujourd'hui, dans les rédactions, c'est une autre histoire: réductions d'effectifs à tous les étages accompagnés de leurs cortèges de plans sociaux (déguisés ou non), mutualisation à marche forcée, précarisation et déclassement social, non respect du Droit du Travail et des Conventions Collectives et du droit d'auteur. Et les photographes ? Alors là, je ne vous en parle même pas ... Les quoi ?
Ce tableau réalisé par Jérémie Fabre et Marie Beyer pour le Monde Diplomatique et Acrimed a le mérite d'établir un état des lieux clair, net et précis de qui possède quoi aujourd'hui en France, dans les médias. Parmi les actionnaires majoritaires de la presse et des médias français, on retrouve 7 des 10 premières fortunes de France (la 1ère avec Bernard Arnault et LVMH et la seconde avec la famille Bettencourt qui possède une participation dans le journal l'Opinion) et 14 au total sont classés dans les 300 premières du classement du magazine Challenge (qui au passage est la propriété du groupe Perdriel). On trouve aussi 2 banques:  le Crédit Mutuel et le Crédit Agricole, dont on se demande ce qu'elles foutent là exactement. Toutes les 2 sont massivement présentes, dans ce qu'on appelle la PQR, presse quotidienne régionale qui reste aujourd'hui encore la plus lue en France, face à des quotidiens nationaux anémiques et à la presse gratuite, mais est-il besoin de mentionner cet ultime avatar de l'irruption du libéralisme dans le monde de l'information qui s'en serait bien passé ? Outre cela 2 groupes ayant des liens avec le secteur de l'armement sont toujours bien présents, dont un adossé à un fond d'investissement du Qatar. Il y'a aussi quelques familles de bourgeoisie de province qui témoignent toujours d'un passé assez persistant et pas mal d'individus qui sans le soutien des banques n'auraient jamais figuré dans ce tableau. Ultime affront, je constate que les journaux gratuits, intégralement financés par la pub et leurs propriétaires ne figurent même pas sur ce tableau. Pourtant 20 minutes se targue d'être le premier quotidien français (il est vrai qu'il est massivement présent dans les poubelles de la RATP de la capitale). 

Frozen Piglet

Cliquez sur le tableau pour le voir en grand et contempler l'étendue du désastre.

vendredi 1 juillet 2016

Pause Pipi

Souvent, j'ai autre chose à faire que pérorer à mes moments perdus sur la photographie. J'ai mes toilettes à repeindre, je dois arroser mes géraniums et arracher les mauvaise herbes et aussi lire le Monde Diplomatique (un journal rédigé par des crapules gauchistes irresponsables). Je ne sais pas quelle énergie anime ceux qui passent leur temps à discourir sur la photo, alors qu'ils sont tellement peu à maitriser vraiment le sujet. Je parle de ceux qui sont sûrs de la justesse de leurs propos à tous points de vue. Ces gars-là doivent souffrir d'un total manque de confiance en eux ou un truc comme-ça. Alors le seul truc qu'ils ont trouvé dans la vie, c'est de parler plutôt avec des gens qui sont déjà d'accord avec eux ou alors qui sont des spécialistes, mais d'autres trucs. Comme ça, le soir venu, ils peuvent s'endormir avec leurs certitudes en guise d'oreiller, en rêvant à l'ordre national du mérite. Moi la photographie, je la pratique (mal, mais tout le temps) avec le désir un peu fou de m'améliorer peut-être un jour (ça va être dur, j'chuis au top). En fin de compte, c'est mon métier quoi ... Ce qui est sympa avec ce boulot, c'est qu'il t'arrive toujours des tas de trucs extraordinaires. Moi cette semaine par exemple, on m'a volé mon parapluie, j'ai été immortalisé par la République et j'ai fait pipi sur mon Nikon D4 tout neuf (j'ai pas fait exprès pour le Nikon. T'es con ou quoi ?) et j'ai fait des photos tout ça en même temps.

J'espère que le petit fumier qui m'a chourré mon pébroc lors d'une conf de presse va crever. 
J'ai été aussi  flashé sur une nationale et j'ai pris 90 euros et un point dans les dents pour 55 ou lieu de 50 Km/h. Ça m'a un peu contrarié parce que mon permis était inviolé jusqu'à ce jour et que je n'aime pas qu'on me prenne en photo, rapport au droit à l'image que j'ai. En plus, tant qu'à me faire chopper, j'aurais préféré rouler à 250, comme un connard de footballeur qui va voir Zaïa. De temps en temps sur le périph, je m'amuse à flasher les mecs en grosses caisses avec mon petit flash de reportage. C'est trop drôle de les voir debout sur le frein. Ben kwa ? On s'amuse comme on peut. Kesta ?
J'ai fait aussi pipi sur mon D4 (heureusement qu'il est anti ruissellement). Quand on est dans l'action, on pense souvent pas à faire pipi (on a tort). Résultat, quand on fait une pause, on est un peu pressé et s'engouffrer dans des toilettes avec 2 sacs et deux appareils dont un équipé d'un 80-200, c'est pas joué (surtout quand tu déboutonnes ta braguette en même temps et que t'es prêt à faire pipi même s'il y a déjà quelqu'un). C'est le D4 avec mon 85 qui a glissé de mon épaule et s'est retrouvé suspendu à mon poignet, mais dans la cuvette des chiottes sous un torrent d'urine tiède. Voilà. C'est ça la photo et tout le reste, c'est de la littérature.

Frozen Piglet

Je republie ici un ancien post parce que je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment.
Vous pouvez vous foutre de ma gueule. Je vous emmerde tous.

vendredi 20 mai 2016

Combien gagne un photographe ?

Ça fait longtemps que je n'ai pas abordé le sujet brulant qui vous préoccupe tous depuis toujours. Mais si ! Vous savez bien ! La réponse à LA question qui va déterminer ou non la concrétisation d'une vocation naissante ou bien la tuer dans l'oeuf de poule (élevée en plein air), sans l'ombre d'un doute. Cette question, c'est bien entendu: Combien gagne un (les) photographe(s) ? Ça, on peut dire que c'est un secret bien gardé. Mais moi, je connais la réponse et toi non, pauvre zulu emplumé de chez Citizenside de mes deux. 
Alors pour commencer, il y'a la carte de presse. Cette carte il faut l'avoir pour pouvoir bosser dans la presse et pour l'avoir, il faut bosser dans la presse (sinon, tu peux pas l'avoir). Ben oui ! On va quand même pas filer une carte tricolore officielle à n'importe qui quand même ! La carte de presse, moi je l'ai et toi pas. Je fais donc partie des derniers 760 mecs en France qui peuvent frimer au bistrot et passer les barrages de flics pour aller faire des photos place de la République. Bon mais ça, ça ne dit pas grand chose sur combien on gagne comme photographe de presse. Surtout que les exigences de la commission d'attribution de la carte de presse ont été comme qui dirait revues à la baisse depuis un certain nombre d'années déjà. Alors pour que les photographes (pigistes) ne disparaissent pas tout à fait du paysage journalistique, disons que le ticket d'entrée tourne autour de 750 euros en salaire brut mensuel en pige presse (ou même moins dans certains cas alambiqués). T'imagines ? Ça, ça te donne une idée de l'état de la profession. Enfin est-ce qu'on peut encore parler d'une profession ?  Moi je vais te dire la vérité. Dés qu'on parle pognon, les photographes la ramènent pas (sauf les mythos qui parlent toujours d'une belle vente en 1997, mais jamais des pourries), parce que ils ont trop honte.
Alors bien sur, il y a encore quelques services photos de par-ci par-là, dans la PQR ou à la mairie de Paris. Il y en a même qui sont mensualisés en CDI et bien payés en plus (les enfoirés). Non mais je vais te dire. Quand t'es pigiste, si tu arrives à faire 2000 ou 2500 euros par mois sur l'année, soit tu couches avec la chef icono et tu la fais hurler, soit tu es mauvais comme un cochon et pistonné comme un petit enculé (moi ? Euh ... Je suis dans les deux catégories en même temps, comme-ça, je double mon salaire). En plus, il faut payer ton matos qui coûte un bras (Prix du Nikon D5 boitier nu: 6990 euros). Alors bien sûr, en tant que jeune freluquet, il y'a papa maman pour te payer ton premier 5D MKIII ou une connerie du même genre, ce qui va te permettre de travailler gratos pour des "médias indépendants" qui parlent des trucs qui n'intéressent pas les médias officiels qui nous manipulent. Mais je te signale pauvre con, que dans ce métier, la première qualité, c'est de durer. Et ça, c'est pas gagné pauvre buse. Alors évidemment, à coté des organes de presse sous xanax, il y a les agences photos. Être estampillé AFP ou Reuters ou Getty, ça fait peut-être bien dans le tableau, mais si ça paye même pas le loyer, les spaghettis et la sauce tomate, ça sert à quoi ? Regarde. Moi par exemple, j'ai signé très récemment avec 2 agences (une par orgueil et l'autre par opportunisme). Ma première photo a été vendue à un site internet finlandais pour 6.42 US dollars. Après les 70% de commission rétrocédée à l'agence et à son intermédiaire, il me reste ... 1.92 US dollars (et c'est pas un microstock). Quand je pense que les VTC gueulent parce que UBER leur prend 20% de commission sur leurs courses. Alors ? Tu veux toujours être photographe pauvre con ?

Frozen Piglet

jeudi 12 mai 2016

Vive l'Information

Avant, quand je lisais Libé, j'aimais bien mouiller mon doigt pour tourner les pages. Des fois, je découpais même des photos pour les coller sur les murs. Comme celle de James Dean avec une grosse truie qui est encore dans mes chiottes. Mais maintenant que Libération ressemble un peu à un fanzine de l'information, je ne l'achète plus que très rarement, juste par curiosité, pour voir à quoi ça ressemble un journal en train de sombrer. De toute façon pourquoi acheter un quotidien ou un hebdo, alors que partout la presse et le journalisme (le vrai) sont en faillite. Et remarquez bien que je ne parle pas là de leur situation financière. Puisque pas de mal de milliardaires, par l'opération du saint-esprit des banques s'intéressent à nouveau de près au monde des médias. On se demande bien pourquoi ...

Bon ce qui est sympa, c'est qu'ils font encore travailler à Libé, quelques photographes de MYOP, Hans Lucas ou quelques indépendants survivants, mais pour combien de temps ? Je me demande combien ils sont payés ? Sûrement 50 euros à 120 jours ou même pas du tout (il parait que c'est cela le néo-capitalisme d'aujourd'hui. Dans la presse, on est en avance sur la loi El Khomri). À dire vrai, il n'y a que ça à regarder, dans Libé les photos. Pour le reste, c'est tellement naze qu'on se fait chier de la première à la dernière page. Tout ça pour 2 euros. Ben c'est pas un cadeau. Vous pouvez vous le garder les mecs, je préfère acheter une boite de Tic-tac. Alors après bien sûr, il y a les sites d'informations sur Internet. Ceux qui cherchent vainement un modèle économique inexistant depuis 15 ans au bas mot. Alors ceux-là, depuis le début de l'année, ils se reprennent à espérer que les lecteurs vont enfin payer un petit quelque chose au bout du compte. Oui oui ! Vous savez qu'on voit fleurir des messages genre: "Vous avez dépassé votre quota d'articles gratuits pour le mois en cours et pour un libre accès, vous devez maintenant vous abonner" ou bien "La suite de cet article est protégée et réservée aux abonnés du site". 
Sérieusement ? Vous croyez vraiment qu'on va payer pour des infos truffées de fautes d'orthographe et de syntaxe, même pas vérifiées, illustrées par des photos de l'AFP, ou pire par des trucs en CC piqués sur FlickR ? Des articles qui racontent que des gamins de 15 ans découvrent des cités maya en regardant les étoiles sur leur balcon ? Vous vous foutez vraiment de notre gueule !

Et je ne parle même pas des pop-up et des pubs pour des escrocs qui vous expliquent que vous n'allez plus payer d'impôts ou que allez devenir riches avec la bourse et l'effet de levier. Ensuite, il y'a les sites de (dés)information qui susurrent aux naïfs, ce qu'ils ont envie d'entendre. C'est tellement agréable d'avoir le sentiment d'appartenir à la communauté des élus qui ont la capacité  de décrypter le monde tel qu'il est, sans se soumettre aux diktats des médias dominants qui nous manipulent et à l'info main-stream. Pas vrai les mecs ?


FPiglet

Je vous signale que à la demande générale des 3 pelés et des 2 tondus qui viennent encore sur ce blog, je dispose maintenant d'une adresse mail: frozen.piglet@laposte.net


jeudi 21 avril 2016

Never can say goodbye

Parfois, je me demande si je ne vais pas arrêter la photo et toute cette mascarade. Je pourrais me lancer dans l'économie numérique collaborative. Je pourrais vendre en ligne des plats bio glutenfree pour chiens et chats réalisés sur des recettes de Cyril Lignac si ça se trouve. Je pourrais les faire livrer à domicile par des chauffeurs auto-entrepreneurs. Assez rapidement, je deviendrais le premier en Europe et dans le monde dans cette activité. Ensuite, je lèverais 2 millions d'euros par crowdfunding, pour développer ma start-up. Et pour finir, je vendrais ma boite à un grand groupe de l'agro-alimentaire qui ne sait pas quoi faire de son fric. Mais en fait, non. Je préfère continuer à m'obstiner à essayer de gagner ma vie, dans ce métier de con qu'est devenu celui de photographe de presse. 
D'ailleurs, j'ai encore signé dans 2 agences presque coup sur coup et là, j'ai encore pu mesurer l'étendue du désastre. Mes archives ne valent pas un clou les mecs ... Trop chiant, trop cher de reprendre les vieux ektas pleins de poussières et d'huile de scan rotatif desséchée. Trop merdiques mes fichiers numériques de plus de 5 ans (et ceux d'aujourd'hui sont pas tellement mieux ? Oui ta gueule !). Résultat, je recommence à zéro de chez zéro, avec une agence, dont le site internet ressemble à un cimetière (je me comprends) et une autre qui distribue, entre autres, les baltringues de New Zulu/Citizenside. Mais qu'importe, puisque ma petite production se retrouve dans le grand tout numérique qui va marquer de son empreinte ce monde nouveau et intéressant. 
Bon bien sûr, j'ai encore quelques clients prestigieux "en direct", comme la Chambre Syndicale de la Charcuterie et du boudin noir, ou le musée du lacet. Ceci sans compter les clients "corporate" comme la Mutuelle des Propriétaires de Chats Siamois ou l'Amicale des Boulistes du Touquet-Paris Plage. Mais en fait, quand je vois qu'une de mes tofs fait 100 likes sur ma page Instagram en 2 mois et qu'elle en fait 25 000 en 24h quand elle est reprise sur la page d'une marque commerciale, je me rends compte que je n'ai pas forcément tout compris au filmFaut dire que je ne suis pas Nikos Aliagas aussi. Ben oui ! Nikos Aliagas, le nouveau poids lourd de la photographie française. T'as loupé un épisode ou quoi ? Et Kev Adams nouvelle icône du cinéma français et Cyril Hanouna académicien de la télé. 

Frozen Piglet


mardi 12 avril 2016

Photo Bombing

Pendant que les dépositaires de la morale républicaine (modèle déposé) s'interrogent comme toujours sur la bien fondé de dévoiler au public telle ou telle image des attentats de Bruxelles ou d'ailleurs, ces minus font surtout l'économie de réfléchir au fait que s'ils n'avaient pas vues ces photos au préalable, ils ne seraient même pas en mesure de se poser la question. Pourtant, ils s'arrogent le droit divin de décrêter pour les autres, de parler au nom de ceux qui ne peuvent pas le faire. 
Jean-Luc Godart, le réalisateur de cinéma, dit que "les images d'atrocités, on ne sait pas quoi en dire. alors on nous dit donc qu'il ne faut pas les montrer".
Bon bien sûr, on ne peut pas faire des photos de carnage dans le métro toutes les semaines ou alors c'est qu'on travaille pour le service com de Daesch. En tout cas, c'est devenu un réflexe pour tous les quidam que l'AFP désigne sous le vocable poétique de "reporters Involontaires". J'entends une explosion ? Je sors mon galaxy et je shoote en video parce que c'est mieux payé par CNN. Quand je pense qu'on reproche en permanence aux professionnels de ne pas porter assistance aux victimes des catastrophes, tout occupés qu'ils sont à faire du pognon sur la misère du monde ... On croit rêver. D'ailleurs, c'est ce qui vient encore d'arriver à cette journaliste géorgienne, Ketavan Kardava, qui a réalisé "La Photo" emblématique de l'attentat de l'aéroport de Bruxelles où elle était elle-même au moment de l'explosion (mais elle vit à Bruxelles). Elle est clouée au pilori par tout un tas de connards diplômés qui savent tout sur tout et qui veulent décider de tout. Mais qu'est-ce qu'ils savent de la situation au moment des faits ces petits trouducs ?
En plus, ils regardent la photo et juste après, ils décident que les autres n'ont pas le droit de la regarder et surtout qu'il ne fallait pas la faire. Bien sûr, on les emmerde ! Et en plus, je publie quelques extraits de leurs commentaires ici, juste pour vous permettre de mesurer l'immensité de leur bêtise. Je me souviens qu'on avait lu les mêmes réactions hystériques après la publication des photos de Daniel Morel du tremblement de terre d'Haïti. Photos qui sont rentrées depuis dans l'histoire du photojournalisme pour toujours. Quand à Ketavan, on la voit sur sa page Facebook visiter une des personnes photographiées à l'hôpital et pleurer dans ses bras (ici). Par ailleurs, elle se fait copieusement insulter par des tas de gens qui l'accusent de toutes les bassesses.

Frozen Piglet

"Voila la mentalité de beaucoup trop de journalistes, reporters, etc, au lieu d'essayer de porter secours ils préfèrent prendre une photo, un petit film, tout juste s'il ne questionnent pas les gens en train de crever devant eux, c'est révoltant, il faudrait les inculper pour non assistance, ce serait un minimum".

"Je suis dégouté par cette réaction de cette jeune journaliste qui ne pensait qu'à son scoop au lieu de s'occuper des blessés. Mais comment peut-on à ce moment-là ne penser qu'à soi ? "

"Elle devrait ne plus avoir le droit d'exercer son métier de journaliste !"

"A quand le selfie attentat ? Ridicule"

"C'est du voyeurisme, c'est malsain, ces photos ne devraient pas être diffusées et d'ailleurs ont-elles été soumises à approbation des deux personnes qui apparaissent dessus ?"  

"Entre aider et prendre une photo.... non assistance à personne en danger, voilà ce que c'est Scandaleux !"

"Contente la madame la journaliste, pour son compte en banque. C'est mon impression avant meme le but de témoigner en tant que pro"

"Ce genre de photo ne peut ,que faire plaisir aux terroristes ,ils n'attendent que ça . C'est plutôt crétin "

"ce type de clichés n'apporte rien, ni aux victimes sur place, ni à la compréhension des événements pour les lecteurs. C'est juste voyeur et indécent! Et ça piétine allègrement le droit à l'image" 


 






mardi 15 mars 2016

Disruptif dans ta gueule

Pas besoin d'avoir fait Sciences-Po-l'ENA pour savoir qu'aujourd'hui comme hier, le seul vrai pouvoir, c'est le fric. Mais maintenant que je sais en plus, que tout le monde va devenir free-lance (version 1.0 19ème siècle) grâce au MEDEF qui gouverne la France, je suis vraiment rassuré. En même temps, que peut-on attendre d'une époque qui restera comme le produit d'une révolution digitale qui a conçu des imprimantes 3D pour chier des pizzas sans gluten ? Nous les photographes, les vrais, les problèmes de statut, on connait et on gère depuis toujours, les employeurs hors la loi, on gère aussi. Les interlocuteurs qu'on finit par mépriser, on gère toujours. Mêmes les vaches maigres, on arrive à les traire quand même. 
Free Lance pour nous, dans le meilleur des cas ça veut dire pigiste si on a la chance d'avoir toujours la carte de presse ou AGESSA si on l'a plus. Et dans le pire, auto-entrepreneur ou encore plus sympa RSA. Moi l'instabilité, la précarité, j'ai jamais connu autre chose et je m'en suis toujours sorti jusqu'à présent. Bon il faut reconnaitre que je serre les fesses aussi et chaque année le miracle s'accompli. Un peu comme la liquéfaction du sang de Saint Janvier à Naples quoi ...
Résultat, ce métier que j'adorais tant se borne aujourd'hui juste à tenter de gagner ma vie et c'est pas facile. Non mais ce qui me fait rire c'est de penser à tous les petits théoriciens de l'évolution de mes deux qui vont se le prendre ce mur de béton. En pleine poire et eux ils ne sont pas préparés à ça. Vous avez bien ! Ceux qui nous comparaient il y peu aux cochers de fiacre ou à je ne sais quoi encore. Ça va leur faire tout drôle de se retrouver les 2 pieds dans la fange avec des mecs qui vont leur dire qu'ils n'ont pas su évoluer. Vous allez voir les gars, c'est facile à comprendre. Vous n'aurez plus aucun droit, juste celui de fermer votre grande gueule de connard diplômé. Bien sûr vous pensez sans doute que ça n'arrive qu'aux autres, mais non non. Fini la petite auto, fini les vacances au Crotoy, fini le tiercé. Ça va vous arriver à vous aussi et ce jour-là, eh ben comptez pas sur nous pour vous tendre la main. Mais t'inquiètes, on sera là pour te photographier. Ah non merde ! C'est vrai, le social, ça n'intéresse plus personne.

Frozen Piglet








vendredi 12 février 2016

Dédicace spécial connard

Même si je me sens assez solidaire de la profession dans son ensemble, je n'ai pas de sympathie débordante pour tous les photographes professionnels, exception faite de ceux qui sont mes amis. Et j'en connais un certain nombre par la force des choses. Comme par hasard, ce sont des gens aimables et talentueux (enfin plus que moi).
Mais chez ceux que je croise généralement dans le cadre de mon travail, il y a une catégorie qui  m'indispose au plus haut point. C'est ceux qui considèrent qu'à moins de 2 mètre d'eux, tu rentres dans leur sphère d'agression (à moins d'un mètre, leur mâchoire se met à trembler). Ceux qui semblent penser que bousiller le travail des autres va rendre le leur meilleur. Ceux qui exigent que le vide se fasse autour d'eux quand ils pressent le déclencheur. Je parle de ceux qui viennent se positionner ostensiblement devant toi, en levant le coude, alors que tu es en train de shooter et que l'espace tout autour est disponible. Ce sont d'ailleurs les mêmes qui, après avoir évolué constamment dans le cadre de tout le monde (les caméras y compris), viennent intimer à tous l'ordre de reculer pour qu'ils puissent faire une tof au grand-angle. Il y en a même qui vont tout tenter pour te faire expulser de la zone qu'ils considèrent comme leur chasse gardée personnelle. En fait, plus l'évènement sur lequel tu travailles est insignifiant et plus le connard de service va se montrer vindicatif. Evidemment, j'en ai rien à foutre de ce minus. En fait je suis plus préoccupé par le membre du photo-club des PTT qui est continuellement à contrechamp, parce que je cite: "il veut adopter un autre point de vue que celui qui consiste à être, de façon trop conventionnelle, face au sujet". Dommage que cet abruti porte un t-shirt rouge vermillon (jaune citron ou vert pomme en option) aux couleurs de son club de bowling. Putain, quand je pense que je voulais être Helmut Newton ou Richard Avedon.

Frozen Piglet

jeudi 28 janvier 2016

Le Fakir est arrivé à pied par la Chine

Il parait que Corbis a été racheté par les chinetoques. C'est Bill Gates, un petit entrepreneur qui a réussi, qui avait fondé ce machin il y a 25 ans pour que le vulgum pecus puisse acheter des photos pour faire des cartes de voeux à Noël. Encore un qui voulait démocratiser l'usage de la photo. Mouaaaah aha ha !
25 ans après, j'en rigole encore. Mais j'ai les lèvres gercées. C'est l'hiver. Evidement, le plus marrant dans l'histoire, après les contrats de droit américain que Corbis voulait faire signer aux photographes français qui sont tous des communistes, c'est quand même que Getty va distribuer les 100 000 000 de photos de Corbis à peu près partout dans le monde grâce à un précédent accord signé avec le groupe de media qui s'est porté acquéreur. Lui se garde la Chine. Peut-être que ça va dissuader les médias chinois de piquer des photos sur le net à la moindre occasion, comme il est d'usage habituellement. Mais ça m'étonnerait beaucoup. "C'est génial de pouvoir profiter du lait, de la crème, du yaourt et de la viande sans avoir à acheter la vache" a déclaré Jonathan Klein, le PDG de Getty qui a le sens de la formule et qui aime le Yop. Et question vache, il s'y connait vu les bouses au kilomètre que produisent les "contributeurs" de Getty. J'ai la chance d'en côtoyer quelques-uns régulièrement et leur faculté à se multiplier comme des bactéries n'a pas fini de m'étonner. Mais en même temps, l'avènement de ce Golem de la photo qu'on est en train de nous faire était tellement prévisible que les mecs qui prennent l'air étonné devraient être pendus. Hein ? Bah ouais. Bon enfin tout ça, ça ne me dit pas ce que je vais bouffer ce soir et ça, c'est bien plus important. Moi Gates, les chinois, Getty, Corbis, Jonathan Klein, je leur pisse dans l'oeil et je les emmerde tous et ça me donne faim. Bonne fin de semaine et bonne année. Tiens je vais peut-être manger chinois.

Frozen Piglet

mardi 12 janvier 2016

Mektoub

C'est quand même curieux, parce que question photo je suis une tanche. C'est pour ça que j'achète des nouveaux appareils tout le temps en espérant qu'un jour, ils vont faire le boulot à ma place. Mais en fait non. Des numériques, j'en ai déjà 8 à la maison et j'en utilise que 3 le plus souvent.
Pourtant, bon an mal an, je vis toujours de ce métier à la con (de plus en plus mal certes). Des fois quand je regarde les photos que je faisais il y a 5 ou 6 ans, j'ai envie de vomir tellement elles sont nazes (surtout la post-prod toute pourrie). C'est quand même bizarre, parce j'ai été publié dans Le New-York Times et le Wall Street Journal et plein d'autres canards à la con un peu partout, mais même là, mes photos c'était des merdes. De temps en temps, je fais un truc pas mal par hasard, mais tout le monde s'en fout. Sauf ceux qui me contactent de Finlande ou de Thaïlande (que des trucs en ande) pour me demander de leur filer mes photos sans rien payer. Il y'a aussi ceux qui les volent, mais on est rarement au courant ou alors, il faut un coup de bol. L'autre fois, j'ai réussi à faire payer 3000 USD à un magazine chinois pour 6 photos (un jour, je vous raconterai). C'était de la haute voltige. Parce que pour faire passer les chinois à la caisse, faut se lever de bonne heure les mecs. Moi je vous le dis ! Si j'avais le temps, je monterais bien une boite de contentieux international pour tous les photographes qui se font enfler aux 4 coins de la planète. Mais le temps, c'est ce qui me manque le plus. Et puis je suis fatigué aussi. C'est pour ça que j'ai du mal à écrire des conneries sur mon blog. Il y'a 20 ans, à mon âge, j'aurai pu prendre du galon en devenant chef d'un service photo minable dans un putain de groupe de presse professionnel. Mais aujourd'hui c'est fini tout ça. Le dernier est parti la semaine dernière pour monter des chambres d'hôtes avec son chèque d'indemnités et il fera faillite avant la fin de l'année. Dommage ça m'aurait bien fait rigoler de martyriser des photographes en leur disant que leurs tofs sont mal cadrées, floues et sous-ex et je m'y connais en la matière. Bof c'est pas grave, je vais continuer et puis quand je vois que les free-lances d'aujourd'hui ont du mal à gagner 800 euros par mois et qu'ils demandent des rallonges à les parents à 42 ans, je me dis que finalement, j'ai encore de la marge. Vivement que le revenu minimum universel soit institué. Comme ça, ça leur fera 1 600 euros et moi je serai riche. 

Frozen Piglet


jeudi 7 janvier 2016

Nouvelle voiture, nouvelles chaussures

Acheter un nouvel appareil photo (surtout quand c'est le 3ème de l'année), c'est un peu comme aller se faire couper les tifs pour une fille quand elle est déprimée et qu'elle bouffe des Lexomyl comme des bonbons. On se sent tout à coup à nouveau d'attaque pour devenir photographe (enfin), avoir le World Press et exposer à Perpignan. Et puis il y'a un mec qui t'appelle pour te dire que tu dois aller photographier le lancement de l'Opération Pièces Jaunes 2016. Alors là, tu te dis que en fait de photographe, t'es qu'une merde et tu croises les doigts pour que surtout personne te reconnaisse là-bas. Et puis quand t'arrives, tu vois qu'il y a toutes les chaines de télé, le Petit Journal de Canal+, l'AFP et les agences de presse et tout un tas de photographes que tu as croisé un peu partout ces 10 dernières années. Bon enfin moi je me dis que je suis payé à la fin du mois pour faire ça. C'est déjà pas mal.

Frozen Piglet
Se retrouver dans la merde, aujourd'hui c'est facile: une ou deux faillite, une fusion acquisition, un dépôt de bilan et hop ! Tu te retrouves sans boulot. Hein ? Bah ouais. Si tu voulais la sécurité de l'emploi, ben fallait faire taxi. Hein ? Bah quoi ?!

dimanche 29 novembre 2015

Rue des Martyrs

Vendredi, en me rendant à Objectif Bastille pour claquer des tunes de manière inconsidérée (vu que j'ai encore acheté un nouvel appareil photo hors de prix. On se refait pas), je me suis arrêté devant le Bataclan. Pas par curiosité, puisque je connais les lieux et que je passe devant la salle de spectacle tous les samedis. Mais j'avais besoin de m'y rendre juste un instant, seul de préférence et surtout pas avec un appareil, encore moins avec un putain de téléphone. Globalement, à peu près tous les mecs autour de moi semblaient penser autrement et brandissaient tout ce qui peut produire un semblant d'imagerie numérique. Bien sûr, faut les comprendre, ils connaissent tous une cousine d'un collègue à leur belle-soeur dont une vague relation est passé dans le quartier 2 heures avant le drame. À vrai dire, je m'en fous tellement, car je sais qu'en la matière, la connerie n'a plus aucune limite. En vedette, la désormais fameuse Stratocaster bleu-blanc-rouge posée au milieu des fleurs et des bougies. Elle ne va pas rester longtemps sur le trottoir moi je vous le dis, même si c'est une copie chinoise de merde. J'ai aussi entrevu quelques professionnels relativement assez discrets pour rester dignes et documenter la queue de la comète. Un peu plus loin, en continuant vers Bastille, je suis passé devant l'endroit où début janvier, les fleurs et les messages s'entassaient déjà pour rendre hommage aux dessinateurs assassinés de Charlie Hebdo. Il n'y a plus grand-chose aujourd'hui (Tempus fugit) hormis 2 ou 3 roses blanches flétries par le froid de novembre et cette souillure immonde qui restera à jamais.

FP






vendredi 20 novembre 2015

Les loups sont entrés dans Paris



Toute la semaine,  j'ai pensé à cette chanson de Reggiani. 
Je la partage avec vous et je vous engage à écouter les paroles

FP


Interprète Serge Reggiani
Paroles Albert Vidalie
Musique Louis Bessières

Archive INA

jeudi 19 novembre 2015

MiniMarket


J'ai mis plusieurs jours à reprendre mes esprits après le drame qui restera comme une souillure immonde à jamais dans l'histoire de Paris. Paris est une petite ville et tout le monde a dans ses cercles d'amis, de collègues de travail ou de relations proches, des victimes ou des parents de victimes des attentats qui viennent de se produire. Ce mauvais goût dans la bouche et cette boule au ventre ne me quittent pas depuis que je suis tombé par hasard sur une photo de l'intérieur du Bataclan après l'assaut de la police, publiée sur le net. Mais encore une fois, le problème des images se pose.
Je me souviens très bien du post que j'avais écrit en 2012, à l'époque de l'affaire Merah. En 3 ans, les choses ont bien changé. Aujourd'hui, si l'image fixe revient de plus en plus aux professionnels, comme on l'a vu dans le traitement de l'info à propos des assassinats commis à Paris, la vidéo téléphonique s'impose partout comme l'outil privilégié des opportunistes  qui sont prêts à vendre leur mère et à prendre tous les risques pour monnayer des images qui finiront en boucle sur les chaines d'infos. 
Bien sûr, dans le milieu de l'image journalistique, la raflette a toujours existé. Elle consiste à récupérer des images réalisées par des témoins de circonstance, mais là on constate que la demande crée un véritable marché, organisé sur la loi de l'offre. Un peu comme dans Vidéo-Gag, les mecs sont capables d'aller très loin pour vendre leur petit film de merde contre quelques grosses coupures. Y compris d'ailleurs de s'approprier des vidéos dont ils ne sont pas les auteurs. Il n'y a plus aucune limite, aucune retenue d'aucune sorte, hormis celles de la somme en liquide que peuvent détenir les reporters des chaines d'infos (souvent étrangères, il faut le dire). Quand je pense que certains osent prétendre que les professionnels de l'image font de l'argent sur le malheur des autres. Que dire alors des passants qui filmaient les victimes avec leur téléphone à la terrasse des cafés du 11ème, au lieu de leur porter assistance ? Pendant ce temps, un des photographes professionnels présent au Bataclan publiait "libre de droits" les photos du début du concert en hommage aux victimes. Celui-là, il a toute ma sympathie.

Capture d'écrans LeMonde.fr

Ce post titré "Comme un Lapin" date de  2012

Ce matin dans Libération, on apprend qu'un type de Toulouse (Pierre, un commercial de 29 ans) a vendu en exclusivité des images de l'assaut de l'appartement de Mohamed Merah à Paris-Match. C'est sa femme qui a pris les photos (Ben quoi ? On est jamais assez prudent. Il suffit d'une balle perdue !). Elle a réalisé une centaine de clichés de l'intervention du Raid de sa fenêtre, jusqu'au dénouement final. Elle était bien placée avec son instamatic, pile dans l'axe. C'est un photographe ami du couple qui a joué les intermédiaires dans les négociations avec les acheteurs. 

"Notre ami a fait l'intermédiaire avec les médias. Toute la journée de jeudi, on a fait monter les enchères. Finalement, on a vendu les droits exclusifs à Paris-Match pour 20.000 euros", relate ce père de famille qui se dit "un peu déçu": "je pensais avoir plus" (extrait d'un article de la Dépêche ici).
Travailler toute la journée à faire monter les enchères pour obtenir seulement 20 000 euros à l'arrivée contre quelques photos, on comprend sa déception au mec. La prochaine fois, je suis même pas sûr qu'il se relève la nuit, tellement ça vaut pas le coup ! La vidéo de Mohamed Merah dans sa BM s'est négociée quant à elle, à moins de 10 000 euros. Un petit pourliche.

De leur côté, les vrais photographes ont du mal à réunir 2 000 euros pour partir en Libye au risque de se faire tuer. Ben ouais mais t'es pas au courant ?? Y a la crise de la presse ! T'es con ou quoi ??

Frozen Piglet

Eh bien cette fois-ci, c'est 50 000 euros en liquide pour la video de Casa Nostra, une pizzeria du 11° (2 rue de la Fontaine au Roi). Ça en fait des 4 saisons au black, je te le dis. Mais bon l'essentiel, c'est d'avoir du traffic sur le net hein ? Pas vrai le Daily Mail ?

lundi 9 novembre 2015

Capitalisme Express




Sur la recommandation d'un des visiteurs de mon blog, j'ai visionné ce film hallucinant où Christophe Barbier, le directeur de la rédaction de l'Express (et éditorialiste sur un certain nombre de chaines de télévision), expose sur France Inter, sa vision du "nouveau capitalisme" (désolé pour la pub, ça aussi c'est le capitalisme).
Alors c'est extrêmement simple: Si l'Express ne paye pas et ce de façon systématique: les agences photos, les pigistes, les illustrateurs,(Tout ceci sans compter son loyer et ses imprimeurs), c'est normal, c'est parce que: je cite Christophe Barbier "Aujourd'hui il y'a des bras de fer entre tous les fournisseurs et les payeurs. C'est un grand classique de ce nouveau capitalisme. Chaque chose se négocie à la baïonnette, parce que c'est comme-ça (...). C'est le capitalisme qui répond à l'après crise de 2007-2008 et il y'a des espoirs formidables. Nos contenus vont être valorisés, même si ce n'est plus la même courtoisie qu'avant". 


Sur le compte Tweeter de Christophe Barbier il y a 2h







Résumons-nous. Donc vous commandez un travail à quelqu'un et vous ne le payez pas, volontairement ... Ce type exprime parfaitement bien le fantasme le plus fou des employeurs fous d'aujourd'hui, de demain et de toujours. Transformer tous les salariés en fournisseurs pour les tenir au creux de leur main, comme des objets. Accessoirement, tenir ses engagements et payer les gens qui travaillent pour lui, c'est juste de la courtoisie. Il faut donc dire merci quand ça arrive j'imagine ? Oui oui ! Vous entendez bien les mecs ! Vous ne rêvez pas ! Je me demande s'il dit merci au moins, cette raclure à l'écharpe rouge, quand il reçoit son gros chèque à la fin du mois ?
En fait, je vais vous dire, ça tombe très bien au moment où l'on annonce la Loi Macron 2. Un projet qui institutionnalise le travail précaire avec "le professionnel de proximité" un statut customisé ultralight d'auto-entrepreneur. Moi je dis dommage. Dommage que les gens se résignent au mépris et à l'humiliation sans réagir. Dommage que à de rares exceptions, les intellectuels nous aient abandonné. Dommage que le fils de Christophe Barbier soit photographe (Ah putain ! Le con !). 


Frozen Piglet


L'Express et les magazines du groupe Roularta (L’Expansion, Mieux-Vivre votre argent, Point de vue, Studio Cinélive, L’Etudiant et Lire) ont été rachetés, faut t-il le rappeler, par Patrick Drahi déjà détenteur du quotidien "Libération", du groupe NextRadio (BFM TV et RMC Infos), de SFR-Numéricable. Le rachat du groupe Express s'est traduit par le "départ volontaire" de 115 salariés et le plan de sauvegarde de l'emploi qui arrive, annonce le licenciement de 125 personnes (à Libération, il a supprimé 1/3 des effectifs). Le nouveau venu dans le monde des médias est propriétaire de la chaine d'information israélienne i 24News et il a racheté des opérateurs du téléphone et du câble un peu partout dans le monde. Son groupe est aujourd'hui endetté à hauteur de 48,2 milliards d'euros. Une toute petit paille pour un type qui nous refait le coup des tuyaux et des contenus. C'est Jean-Marie Messier qui doit rigoler.

mercredi 4 novembre 2015

Never Mind the Bollocks

Photo ©Nutscape
















           Si l'on excepte les intellectuels de la photo connectée, les selfies n'intéressent plus grand monde. Même pas ceux qui continuent à en produire machinalement, c'est le cas de le dire. Au delà de quelques déclinaisons pitoyables, le genre peine à se renouveler et il est clairement en voie de ringardisation. Sauf chez les touristes chinois de la classe moyenne qui continuent à se photographier devant la tour Eiffel ou l'Arc de Triomphe, mais chez-eux, c'est culturel. Tout ça pour dire que quand surgit une innovation, une vraie en la matière, il convient de la saluer comme elle se doit. Sans compter que ça donnera un sujet de réflexion à notre André Gunthert national, pour les 5 prochaines années au moins. 
"Nutscapes" est un site qui présente des paysages photographiés d'une façon un peu particulière. Au milieu en haut de toutes les photos, on peut apercevoir une paire de valseuses éclairées par la lumière de l'astre du jour. Alors, c'est au format raw, mais là ça veut juste dire qu'elles ne sont pas épilées. L'ensemble constitue un projet artistique de Clancy Philibrick initié en 2007 semble t-il. J'espère qu'il ne m'en voudra pas si je reproduis ici une de ses oeuvre. Après tout elle en vaut bien d'autres, surtout par les temps qui courent. Il faut noter que l'on peut soumettre sa propre production à Nutscape pour parution. Je dois dire que je me tâte. Ça aurait de la gueule, surtout avec la perpective des Champs-Elysées en enfilade un soir de Noël. Mais je me demande comment on peut appeler cela ? Un selfballs ? Ou un truc comme-ça ?
Voici l'adresse "Nutscape" et ils ont aussi un compte Twitter. Bonne journée !

Frozen Piglet

lundi 2 novembre 2015

Merci Patron











 Ça fait un bail que je ne poste plus vraiment de façon régulière. Pourtant, des posts, j'en ai commencé des dizaines sur des tas de sujets, mais je ne les ai pas finis. À vrai dire, je suis un peu désorienté et surtout fatigué par ce monde inepte dans lequel les amateurs professionnels la ramènent un peu partout. Bof en même temps est-ce que c'est tellement important que l'argent du trafic de dope des banlieues paye les Mercedes E300 noires des chauffeurs de VTC ? Ben ouais ! Tu crois quoi toi ? Que les banques prêtent 100 000 euros à des ex-taulards futurs auto-entrepreneurs ? Il n'y a que les cons de journalistes 2.0 qui croient à la "sharing economy" ou les mecs qui pensent que Macron est un bon ministre. Tout cet argent en liquide, c'est les concessionnaires Mercedes qui doivent se frotter les mains ... Pas comme ceux de chez Volkswagen. Sans compter tout le reste du paquet qui va passer à la lessiveuse et ressortir tout propre. Là on frôle le sublime. Moi je dis ! Ne parlons pas des hôtels ou des restaurants clandestins qui prospèrent sur le terreau de la connerie, avec 20% de commission. La concurrence des "amateurs" ? Une vue de l'esprit des déclinistes et des réactionnaires, ou bien encore des gars qui ont raté le rendez-vous avec l'an 2000. Pas comme-ceux qui passent leur vacances à NYC chez Airbnb.

"Les collectivités territoriales ayant atteint les limites du système pour monter leur photothèque à bon compte via les concours photos ou la collaboration participative, « Terre & Côte Basque », regroupant les communes et offices de tourismes du Pays de Saint-Jean-de-Luz et Hendaye, http://www.terreetcotebasques.com/fr vient de trouver un nouveau filon : un appel d’offre réservé aux amateurs, avec cahier des charges, un budget (2 à 4.000 € ), et bien sûr, une cession de droit illimitée".
Lettre d’information de l’UPP Aquitaine-Charentes du 12 octobre 2015
 
Intéressant !
Sur cet appel d'offre  "réservé aux amateurs" donc, dont le donneur d'ordre serait bien en mal de justifier de quelle manière on peut faire travailler des amateurs sans statut avec de l'argent public (en plus), on remarque que la qualité des photos n'intervient que pour 40% dans le choix du prestataire.Trop cool !
Du coup, même les baltringues en photo (comme-moi) ont leur chance les gars (Ah oui ! Non ! Merde ! Je suis professionnel). Nulle part, il n'est fait mention de charges sociales. C'est bien la première fois que je vois une offre de travail au black sur papier à en-tête officielBon c'est normal en même temps puisqu'il suffit de faire clic-clac avec le numérique. Hein ? On va pas en plus se compliquer la vie quand-même ... 20% sur le critère du prix de la prestation, ça veut dire que si tu es en dessous des 2 000 euros qui est le prix plancher, tu as 20% de chance en plus d'y arriver. Elle est pas belle la vie ? Bon si tu es gratuit comme le "Tour de France de la Photographie", ben t'es sûr de scorer ! Oh la chance ! Le Tour de France de la Photographie, je l'ai découvert il y peu, en feuilletant le rapport annuel de RUNGIS. Mais si RUNGIS ! Le petit marché de quartier ou transite 8,5 milliards d'euros de marchandises chaque année. Le ventre de Paris quoi ! Eh bien, grâce à cette association TFP qui a pour but de faire vivre à ses équipes une "aventure humaine unique", RUNGIS a eu l'occasion d'illustrer son rapport annuel pour pas une tune. Encore mieux que la pays basque et son piment d'espelette ! T'as compris Ducon du pays basque ? T'aurais pu avoir les tofs pour pas un rond avec Tour de France Photo ! J'espère qu'on te prélèveras les 2000 à 4000 euros sur ton salaire triple buse !


De belles photos pour les lieux qui nous accueillent
Les lieux étapes du Tour de France Photo reçoivent les clichés produits dans leurs locaux. Ils peuvent s'en servir comme support de promotion ou pour en faire une exposition.

C'est du tous droits cédés ou je ne m'y connais pas les mecs. Et tu sais que ça flashe 20 types lâchés au milieu des cageots ! En plus y a la télé ! Ces mecs ont des relations ...


Visibilité assurée pour les partenaires et mécènes
Le logo du mécène ou du partenaire est affiché sur le site, dans le générique des montage vidéos ou encore dans le beau-livre. Il est également possible d'apposer des autocollants sur les campings-cars sillonnant l'intégralité de la France pendant 15 jours. Ces derniers seront photographiés par la presse et filmés par les chaînes de télévision.

Des fois je rêve, je rêve du temps ou j'étais un photographe amateur et que j'aimais la photographie.

Frozen Piglet


lundi 28 septembre 2015

Sharing Economy

Après avoir consciencieusement détruit son industrie et son agriculture, la France qui innove de Macron s'attaque aux métiers de service. Vous me direz rien de plus normal pour cette génération de décérébrés sans aucune conscience politique, qui pense que la "sharing économie" au black est un modèle indépassable. Il faut dire à leur décharge que ces régiments de jeunes connards ignorent presque tout du salariat et de son cortège de charges sociales. Même quand il s'agit de payer leurs appareils (de redressement dentaire) avec la sécu de papa, maman. À vrai dire, tout cela ne les intéresse pas, tant ce statut old school est l'incarnation d'un ancien modèle économique dépassé, imaginé par des idiots pour des idiots et défendu par des réactionnaires. Quand on nous disait qu'on allait changer de métier tout au long de notre vie, on imaginait pas que ce serait 10 fois par jour. Quel sentiment de liberté échevelée on éprouve, quand on prend des photos pour un banque d'images le matin, quand on loue sa voiture ou quand on fait le chauffeur l'après-midi, quand on loue son appartement ou qu'on fait la cuisine pour des inconnus le soir ! Surtout qu'il ne soit pas question d'argent entre nous ! On est dans le partage et l'échange ok ? Mais avec 50% de commission quand-même (tiens, ça me rappelle  kekchose ...)  Ben ouais t'es con ou quoi ? Faut bien vivre quand-même !

Frozen Piglet

jeudi 3 septembre 2015

Vamos a la playa

L'image fixe a encore de beaux jours devant-elle semble t-il. Aujourd'hui, Il a suffi d'une petite photo pour mettre en émoi la planète (médiatique) et donc l'humanité toute entière. Selon la terminologie des journalistes, l'image de ce petit garçon syrien de 3 ans, mort noyé et échoué sur cette plage a provoqué un électrochoc international. "La presse anglaise a choisi de publier l'image particulièrement choquante de ce bambin au visage tourné vers le sable, mort noyé après avoir tenté de rejoindre l'Europe" dit le Monde.fr (le bien nommé). En lisant cela, on en vient à se demander si c'est la mort atroce de cet enfant ou bien sa représentation photographique qui est choquante. Car comme toujours, ce qui est est dit et les mots ont un sens. Certains autres médias évoquent aussi "l'image que les européens ne voudraient pas voir". C'est bien connu, le but de la presse dans son ensemble, son objectif premier, c'est de publier des images que personne ne souhaite voir. Outre cela, elle se donne le droit de châtier ceux qui ne souhaitent pas contempler la vérité en face, ceux qui refusent de finir rongés par la culpabilité. Mais quid de ceux qui contemplent épouvantés, en revanche, les tergiversations de nos dirigeants amorphes et l'incapacité chronique de nos élites consanguines ? Oui, décidément l'image fixe a de beaux jours devant elle.

FP

Je suis étonné de ne pas avoir encore lu que les photo-journalistes arpentaient les plages grecques uniquement pour se faire du fric sur le dos des cadavres d'enfants. J'imagine que ce n'est qu'une question de temps.


Pub pour Gucci parue dans Le Monde le même jour que l'article sur la mort de l'enfant. 
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